Ne dites jamais que Dieu n’entend pas votre cri ou qu’Il vous a oublié. Même lorsque le ciel semble silencieux, le Seigneur connaît parfaitement votre détresse et reçoit la prière de celui qui se tourne vers Lui. C’est pourquoi nous pouvons continuer à dire avec foi : « Écoute ma prière, Seigneur ».
Dieu sait toutes choses. Rien de ce qui existe dans le ciel, sur la terre ou dans les profondeurs ne lui est caché, car toute la création dépend de Lui. Il connaît aussi ce que personne autour de nous ne peut voir : nos inquiétudes, nos blessures, les questions que nous gardons dans notre cœur et les prières que nous avons parfois du mal à exprimer avec des mots. Notre souffrance ne passe jamais inaperçue devant Dieu, même lorsque nous avons l’impression de traverser seuls une saison difficile.
Quand nous avons l’impression que Dieu ne nous entend pas
L’une des expériences les plus difficiles pour un croyant est de prier pendant longtemps sans voir la réponse espérée. Nous demandons à Dieu d’intervenir dans une situation, nous répétons notre prière jour après jour, et pourtant les circonstances semblent demeurer exactement les mêmes. Dans ces moments, une question peut commencer à apparaître dans notre esprit : « Seigneur, m’entends-tu réellement ? » Cette interrogation n’est pas nouvelle. Les Psaumes nous montrent des hommes de Dieu qui ont connu la douleur, la confusion, l’attente et même le sentiment d’être abandonnés.
Et moi, je suis comme un sourd, je n’entends pas;
Je suis comme un muet, qui n’ouvre pas la bouche.
Psaumes 38:13
David traversait une période profondément douloureuse. Il était entouré de difficultés et devait supporter des paroles et des actions hostiles. Pourtant, au lieu de répondre avec la même violence ou de chercher sa sécurité uniquement dans ses propres capacités, il choisit une attitude différente. Il se présente comme quelqu’un qui n’entend pas et qui n’ouvre pas la bouche. Cette attitude ne signifie pas qu’il était indifférent à ce qui lui arrivait, mais qu’il refusait de permettre à ses adversaires de contrôler ses réactions.
Il arrive également que notre âme soit tellement fatiguée que nous ne sachions plus quoi dire. Nous avons prié, pleuré, demandé conseil et essayé de comprendre, mais nous restons sans réponse. Dans ces moments, nous devons nous souvenir que le silence ressenti n’est pas nécessairement l’absence de Dieu. Nos émotions peuvent nous dire que nous avons été abandonnés, tandis que la vérité de l’Écriture nous rappelle que Dieu demeure fidèle.
Dieu voit ce que nous ne pouvons pas voir
Notre compréhension est limitée par le temps et par ce qui se trouve devant nos yeux. Nous regardons une situation aujourd’hui et nous voulons immédiatement savoir pourquoi elle se produit, quand elle prendra fin et de quelle manière Dieu la résoudra. Mais Dieu voit le commencement, le présent et la conclusion. Il connaît les conséquences de chaque décision et les choses qui doivent encore arriver. Voilà pourquoi certaines réponses divines peuvent sembler incompréhensibles sur le moment.
Pensons à toutes les fois où nous avons voulu qu’une porte s’ouvre et où elle est restée fermée. Peut-être avons-nous considéré cette fermeture comme une déception, alors qu’elle nous protégeait d’une situation que nous ne pouvions pas encore discerner. À l’inverse, Dieu peut permettre une période difficile parce qu’Il accomplit en nous quelque chose de plus profond que le simple changement de nos circonstances. Nous pouvons découvrir cette réalité lorsque nous apprenons que dans l’épreuve la plus difficile, Dieu nous regarde et reste souverain sur ce que nous traversons.
La foi chrétienne ne consiste donc pas à comprendre immédiatement tout ce que Dieu fait. Elle consiste à connaître suffisamment le caractère de Dieu pour continuer à Lui faire confiance lorsque nous ne comprenons pas son chemin. Notre sécurité repose sur Celui qui voit tout, et non sur notre capacité à expliquer toutes les circonstances de notre vie.
La voix de Dieu se trouve premièrement dans Sa Parole
À certains moments, nous demandons : « Pourquoi Dieu ne me parle-t-Il pas ? Pourquoi est-ce que je n’entends pas Sa voix ? » Nous pouvons alors imaginer que Dieu doit nécessairement nous parler par une expérience spectaculaire, un signe inhabituel ou une sensation extraordinaire. Pourtant, Dieu nous a donné quelque chose de beaucoup plus sûr : Sa Parole écrite. C’est dans les Écritures que nous découvrons clairement qui Il est, ce qu’Il aime, ce qu’Il condamne et comment Il désire que nous vivions.
Lorsque nous ouvrons la Bible, nous ne devons pas la traiter simplement comme un livre de citations encourageantes. Elle révèle le caractère de Dieu, son œuvre dans l’histoire, la condition de l’homme, la nécessité de la rédemption et la personne de Jésus-Christ. Plus notre esprit est rempli de la Parole, plus nous apprenons à discerner la vérité au milieu des nombreuses voix qui cherchent notre attention.
Il est dangereux de chercher constamment une nouvelle révélation tout en négligeant ce que Dieu a déjà révélé. Nous pouvons demander une direction concernant une décision tout en ignorant un commandement biblique qui répond déjà à notre situation. Nous pouvons demander à Dieu de nous montrer comment pardonner, aimer, vivre dans la sainteté ou traiter notre prochain, alors que l’Écriture nous a déjà donné des principes très clairs à ce sujet. Écouter Dieu commence donc par écouter sérieusement Sa Parole.
David choisit d’attendre la réponse du Seigneur
Je suis comme un homme qui n’entend pas,
Et dans la bouche duquel il n’y a point de réplique.
Psaumes 38:14
David aurait pu se défendre immédiatement devant tous ceux qui parlaient contre lui. Il aurait pu répondre avec colère, chercher à se justifier devant chaque personne ou employer toute son énergie à combattre les accusations. Mais le psaume nous présente un homme qui choisit de remettre son affaire entre les mains de Dieu. Cette attitude demande beaucoup de foi, car notre instinct nous pousse souvent à vouloir contrôler notre réputation, nos circonstances et le résultat de chaque conflit.
Cela ne signifie pas que le croyant ne doit jamais expliquer une situation ou défendre ce qui est juste. Il existe des moments où parler est nécessaire. Mais il existe aussi des moments où répondre à chaque provocation ne fait qu’augmenter le conflit. La sagesse consiste à savoir quand parler et quand garder le silence, en demandant au Seigneur de gouverner nos réactions. Nous n’avons pas besoin de gagner toutes les discussions pour demeurer en sécurité entre les mains de Dieu.
Cette confiance nous libère également du besoin de tout résoudre immédiatement. Certaines situations nécessitent du temps. Certaines blessures ne guérissent pas en une journée. Certaines prières peuvent accompagner le croyant pendant des mois ou des années. Dans l’attente, Dieu peut former notre patience, purifier nos motivations et nous apprendre une dépendance que nous n’aurions jamais développée si chaque réponse arrivait instantanément.
La souveraineté de Dieu sur le moment de la réponse
Beaucoup de personnes prient avec une idée précise du moment où Dieu devrait intervenir. Nous avons déjà imaginé la solution, établi le délai et parfois même déterminé la manière dont Dieu devrait répondre. Lorsque rien ne se produit selon ce programme, la frustration apparaît. Pourtant, la prière biblique n’est pas une manière d’obliger Dieu à accomplir notre volonté. Elle consiste à présenter nos demandes devant Lui tout en reconnaissant qu’Il reste Seigneur.
Jésus lui-même nous donne le modèle suprême de la soumission à la volonté du Père. Nous pouvons parler sincèrement à Dieu de ce que nous désirons, lui exposer nos peurs et demander une intervention précise, mais nous devons également apprendre à rechercher Sa volonté au-dessus de la nôtre. Cette disposition du cœur est étroitement liée à cette prière : « Apprends-moi à faire ta volonté ». Plus nous grandissons spirituellement, plus notre désir n’est pas seulement d’obtenir une réponse, mais de voir la volonté de Dieu s’accomplir.
Dire « que Ta volonté soit faite » n’est pas une formule pessimiste. Ce n’est pas non plus une manière de prier sans foi. Au contraire, c’est reconnaître que la sagesse de Dieu dépasse infiniment la nôtre. Nous pouvons demander avec confiance tout en laissant le résultat entre Ses mains. Le croyant mature sait que recevoir exactement ce qu’il demande n’est pas toujours la meilleure chose; la meilleure chose est toujours que Dieu accomplisse ce qui est juste.
« Éternel, c’est en toi que j’espère »
Éternel! c’est en toi que j’espère;
Tu répondras, Seigneur, mon Dieu!
Psaumes 38:15
Voici le centre de ce passage. David ne place pas son espérance dans un changement immédiat de circonstances. Il la place en Dieu. Cette distinction est essentielle. Si notre paix dépend uniquement de la disparition de nos problèmes, nous serons constamment instables. Aujourd’hui une difficulté disparaît, demain une autre arrive. Mais lorsque notre espérance repose sur Dieu lui-même, nous trouvons un fondement qui ne change pas avec les circonstances.
David dit avec assurance : « Tu répondras, Seigneur, mon Dieu ! » Il ne connaît peut-être pas encore la forme exacte de la réponse, mais il connaît Celui à qui il s’adresse. Voilà la foi : ne pas connaître tous les détails de demain tout en connaissant le Dieu qui gouverne demain. Nous pouvons continuer à prier parce que notre confiance ne repose pas sur ce que nous voyons, mais sur le caractère fidèle du Seigneur.
Cette confiance ne signifie pas que nous ne ressentirons jamais la peur. La foi n’est pas l’absence complète d’émotions douloureuses. David lui-même connaissait la détresse, la solitude et le danger. Pourtant, au milieu de ces sentiments, il dirigeait son âme vers Dieu. De la même manière, nous pouvons apprendre à déclarer : « J’ai confiance en Dieu, je ne craindrai pas », non parce que toutes les menaces ont disparu, mais parce que le Seigneur demeure notre refuge.
Que faire lorsque la réponse tarde ?
Lorsque la réponse tarde, la première chose à faire est de continuer à prier. Nous pouvons être tentés d’abandonner parce que nous avons déjà présenté la même demande plusieurs fois. Pourtant, la persévérance dans la prière nous apprend à dépendre de Dieu. Nous revenons devant Lui non parce qu’Il aurait oublié notre première prière, mais parce que nous reconnaissons que notre secours vient de Lui.
Ensuite, nous devons continuer à nourrir notre esprit de la Parole. Dans les périodes d’attente, les pensées négatives peuvent facilement devenir dominantes. Nous pouvons commencer à interpréter chaque retard comme un rejet et chaque difficulté comme une preuve que Dieu nous a abandonnés. L’Écriture corrige ces conclusions. Elle rappelle à notre âme la fidélité de Dieu et nous aide à regarder notre situation à travers la vérité plutôt qu’à travers la peur.
Nous devons également examiner notre propre cœur. Certaines périodes d’attente deviennent des occasions de croissance. Dieu peut nous montrer des attitudes qui doivent être corrigées, un péché qui doit être abandonné, une relation qui doit être restaurée ou une dépendance excessive à quelque chose qui a pris une place trop importante. Toutes les difficultés ne sont pas nécessairement une discipline particulière de Dieu, mais toute difficulté peut devenir une occasion de nous rapprocher davantage de Lui.
Enfin, il faut continuer à obéir à ce que nous savons déjà. Nous ne devons pas arrêter de servir Dieu simplement parce qu’une question reste sans réponse. Nous continuons à aimer, pardonner, travailler avec fidélité, rechercher la sainteté et accomplir nos responsabilités. L’attente biblique n’est pas une passivité spirituelle; c’est une confiance active qui continue à marcher avec Dieu.
Le silence apparent de Dieu peut fortifier notre foi
Une foi qui dépend uniquement de réponses rapides reste fragile. Lorsque Dieu permet que nous attendions, notre confiance est mise à l’épreuve. Nous découvrons alors si nous aimons Dieu seulement pour ce qu’Il peut immédiatement nous donner ou si nous reconnaissons qu’Il est digne de confiance même lorsque nous ne comprenons pas Ses décisions. Ces périodes peuvent devenir douloureuses, mais elles produisent souvent une profondeur spirituelle impossible à acquérir dans une vie où tout arrive sans difficulté.
Nous apprenons aussi que la présence de Dieu vaut plus que la solution que nous recherchons. Nous pouvons commencer une prière en demandant : « Seigneur, change cette situation », puis découvrir progressivement une prière plus profonde : « Seigneur, change-moi au milieu de cette situation. » Le problème peut encore être présent, mais notre manière de le regarder a changé. Notre cœur devient plus patient, plus humble et plus conscient de sa dépendance envers Dieu.
Cela ne signifie pas que la souffrance devient agréable. Une épreuve reste une épreuve et les larmes restent réelles. Le christianisme ne nous demande pas de prétendre que la douleur n’existe pas. Les Psaumes eux-mêmes sont remplis de cris sincères. Mais au milieu de ces cris apparaît constamment une confession : Dieu demeure notre espérance. La douleur peut parler, mais elle ne doit pas avoir le dernier mot.
Dieu connaît même les prières que nous ne savons pas exprimer
Il existe des moments où notre douleur est si profonde que nous ne trouvons plus les mots nécessaires pour prier. Nous nous asseyons devant Dieu et nous ne savons pas par où commencer. Dans ces moments, nous ne devons pas croire que notre prière est inutile parce qu’elle n’est pas éloquente. Dieu ne mesure pas nos prières selon la beauté du vocabulaire. Il connaît le cœur qui se présente devant Lui.
Une simple prière comme « Seigneur, aide-moi » peut venir d’un cœur entièrement dépendant de Dieu. Parfois, quelques mots prononcés avec sincérité expriment davantage qu’un long discours. Ce qui compte est que nous venions devant Lui avec foi, en reconnaissant notre faiblesse et Sa puissance. Le Dieu qui connaît nos pensées n’a pas besoin que nous cachions notre douleur derrière des phrases parfaites.
Nous pouvons donc lui parler de notre peur, de notre fatigue, de nos questions et même de notre incompréhension. La Bible nous montre des serviteurs de Dieu qui ont exprimé leurs douleurs avec une grande franchise. Ils n’ont pas cessé de croire pour autant. Au contraire, le fait de porter leurs questions devant Dieu montrait qu’ils savaient vers qui se tourner. La foi ne consiste pas à ne jamais avoir de questions, mais à apporter nos questions au bon endroit.
Continuez à attendre le Seigneur avec confiance
Peut-être priez-vous actuellement pour quelque chose qui n’a toujours pas changé. Vous avez demandé une restauration, une direction, une porte ouverte, une provision ou la résolution d’une situation qui vous fatigue depuis longtemps. Ne concluez pas trop rapidement que Dieu vous a oublié. Vous ne connaissez pas encore tout ce qu’Il est en train d’accomplir ni la manière dont cette période s’intégrera dans l’ensemble de votre histoire.
Continuez à chercher le Seigneur. Continuez à ouvrir Sa Parole. Continuez à prier avec sincérité et à marcher dans l’obéissance. Refusez de laisser le délai de la réponse devenir la mesure de l’amour de Dieu envers vous. Sa fidélité ne dépend pas de la rapidité avec laquelle nos circonstances changent. Il reste Dieu dans les jours où nous voyons clairement Son intervention comme dans ceux où nous devons simplement avancer par la foi.
Le Psaume 38 nous laisse donc une confession précieuse pour les saisons difficiles : « Éternel, c’est en toi que j’espère; Tu répondras, Seigneur, mon Dieu ! » Voilà l’attitude que nous devons conserver. Notre espérance n’est pas placée dans notre force, dans les hommes ou dans une solution immédiate, mais dans le Seigneur. Lorsque notre cœur est troublé, revenons à cette vérité. Lorsque nous ne savons pas quoi faire, revenons à cette vérité. Lorsque la réponse tarde, revenons encore à cette vérité.
Dieu n’est pas inconscient de votre cri. Il connaît votre chemin, Il voit vos larmes et Il sait parfaitement ce dont vous avez besoin. Nous ne pouvons pas déterminer à Sa place le jour ni la manière dont Il répondra, mais nous pouvons continuer à Lui faire confiance. Attendre Dieu n’est jamais une attente vide, car pendant que nous attendons, Il nous soutient, nous enseigne et nous façonne. Que notre cœur puisse donc dire avec David, même au milieu de l’incertitude : « Seigneur, mon espérance est en Toi. »
1 comment on “Tu répondras, oh Seigneur”
Dieu est fidèle et il fait toute chose bonne à son temps.