Le trésor perdu de l’Évangile

Peut-être entendez-vous chaque dimanche des mots comme « onction », « puissance », « gloire », « processus », « désert », « dîme » ou « offrande ». Pourtant, aucun de ces thèmes ne devrait prendre la place de Jésus-Christ et de son Évangile, car le salut vient du Seigneur et constitue le cœur même du message chrétien.

Quel est véritablement le message de l’Évangile ?

Le mot « Évangile » signifie bonne nouvelle. Il ne s’agit pas simplement d’un ensemble de conseils destinés à améliorer notre vie quotidienne, ni d’une méthode permettant d’obtenir davantage de succès, de prospérité ou de confort. L’Évangile annonce avant tout ce que Dieu a accompli pour sauver des pécheurs par la personne et l’œuvre de Jésus-Christ. Ce message traverse toute l’Écriture et trouve son accomplissement glorieux dans la mort et la résurrection du Fils de Dieu.

Nous pouvons résumer les éléments fondamentaux de ce message de manière simple. Jésus-Christ, le Fils éternel de Dieu, est venu dans le monde et a véritablement assumé notre humanité. Il a vécu dans une parfaite obéissance au Père, puis il est mort sur la croix pour les péchés. Il a été enseveli, il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures, il est monté auprès du Père et il reviendra dans la gloire. Cette bonne nouvelle appelle les hommes à se repentir et à croire en Jésus-Christ.

  1. Jésus-Christ, le Fils de Dieu, est venu dans le monde et a habité parmi nous.
  2. Il est mort sur la croix pour accomplir l’œuvre nécessaire au salut des pécheurs.
  3. Il est ressuscité le troisième jour, conformément aux Écritures.
  4. Il règne et reviendra pour accomplir pleinement toutes les promesses de Dieu.

Ces vérités peuvent être résumées en quelques phrases, mais leur profondeur est infinie. Toute prédication véritablement chrétienne doit finalement nous conduire vers la personne de Christ et vers l’œuvre qu’il a accomplie. Une Église peut parler de nombreux sujets légitimes, mais si elle perd de vue la croix, la résurrection, la repentance, la foi et la grâce, elle commence progressivement à perdre ce qui constitue sa raison d’être.

Quand les thèmes secondaires prennent la place de Christ

Il existe certainement des thèmes bibliques comme la sainteté, les dons, les épreuves, la générosité, la prière et la puissance de Dieu. Ils doivent être enseignés lorsqu’ils apparaissent dans les Écritures. Le problème commence lorsque ces sujets sont isolés du message central de la Bible et deviennent eux-mêmes le centre permanent de la prédication. Nous pouvons alors parler constamment de bénédiction sans expliquer pourquoi le pécheur a besoin d’être réconcilié avec Dieu.

De la même manière, une prédication peut employer fréquemment le vocabulaire chrétien tout en parlant très peu de Christ. Il est possible de prononcer les mots « miracle », « victoire », « destinée », « percée » et « puissance » pendant une heure et de laisser l’auditeur sans compréhension claire du péché, de la croix et du salut. Une prédication n’est pas évangélique simplement parce qu’elle utilise un vocabulaire religieux. Son contenu doit être soumis à la Parole de Dieu.

Cela ne signifie pas que chaque sermon doit répéter exactement les mêmes phrases. Toute la Bible doit être enseignée. Cependant, toutes les doctrines bibliques s’inscrivent dans la grande histoire de la rédemption. La création, la chute, les alliances, la loi, les prophètes, la venue du Messie, la croix, la résurrection et l’espérance future forment un tout. Lorsque cette vision disparaît, les thèmes secondaires deviennent facilement des fins en eux-mêmes.

« Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile »

L’apôtre Paul exprime avec une force extraordinaire le poids de la mission qui lui avait été confiée. Il ne considérait pas la proclamation de l’Évangile comme une activité facultative destinée aux moments où cela lui convenait. Il avait reçu une responsabilité et il en ressentait profondément l’urgence.

Si j’annonce l’Évangile, ce n’est pas pour moi un sujet de gloire, car la nécessité m’en est imposée, et malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile !

1 Corinthiens 9:16

Deux expressions retiennent particulièrement notre attention : « la nécessité m’en est imposée » et « malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile ». Paul ne cherchait pas à bâtir sa réputation autour d’un ministère spectaculaire. Il savait qu’il était simplement un serviteur auquel un trésor avait été confié. Le message ne lui appartenait pas, et il n’avait donc pas le droit de le remplacer par quelque chose qu’il jugerait plus attirant.

Cette conviction devrait également habiter ceux qui enseignent aujourd’hui. La chaire chrétienne n’est pas un laboratoire dans lequel chaque génération peut inventer un nouvel Évangile. Elle est le lieu où la Parole de Dieu doit être exposée fidèlement. Le prédicateur n’est pas appelé à donner aux auditeurs tout ce qu’ils désirent entendre, mais à annoncer ce que Dieu a révélé, même lorsque cette vérité confronte, corrige ou dérange.

L’Évangile n’est pas un message de motivation personnelle

L’une des grandes tentations de notre époque consiste à transformer le christianisme en méthode de développement personnel. Jésus devient alors une aide pour atteindre nos rêves, surmonter nos obstacles ou développer notre potentiel. Certaines de ces préoccupations peuvent avoir leur place dans la vie, mais elles ne constituent pas l’Évangile. Le principal problème de l’homme selon l’Écriture n’est pas qu’il manque de motivation, mais qu’il est pécheur et séparé de Dieu.

Voilà pourquoi la croix est indispensable. Si notre seul problème était un manque d’estime de soi, nous aurions simplement besoin d’encouragement. Si notre problème était seulement matériel, nous aurions besoin de ressources. Mais puisque notre problème fondamental est le péché, nous avons besoin d’un Sauveur. Jésus n’est donc pas venu simplement pour rendre une existence déjà bonne encore meilleure ; il est venu chercher et sauver ce qui était perdu.

Cette vérité nous conduit directement à la grâce. Nous ne pouvons pas acheter le salut, le mériter par notre discipline religieuse ou présenter devant Dieu un bilan suffisamment impressionnant pour obtenir sa faveur. Le salut est reçu par la foi en Christ. C’est pourquoi il est essentiel de comprendre que la vie éternelle repose sur l’œuvre de Jésus et non sur nos propres mérites. Cette vérité renverse l’orgueil humain et place toute la gloire là où elle doit être : en Dieu.

La croix est plus grande que le miracle que nous attendons

Beaucoup de croyants traversent des situations difficiles et demandent légitimement l’intervention de Dieu. Ils prient pour une guérison, un emploi, une restauration familiale, une porte ouverte ou une délivrance particulière. Nous pouvons présenter toutes ces choses au Seigneur. Toutefois, nous devons veiller à ne jamais considérer les bénédictions temporelles comme plus importantes que l’œuvre déjà accomplie par Christ.

Le plus grand besoin du pécheur est la réconciliation avec son Créateur. Et c’est précisément ce que Dieu accomplit par Jésus-Christ. À la croix, nous contemplons simultanément la sainteté de Dieu, la gravité du péché, la justice divine et l’immensité de son amour. Jésus a volontairement accepté la souffrance et l’humiliation afin d’accomplir l’œuvre que le Père lui avait confiée. Les souffrances de Christ à la croix nous rappellent ainsi le prix extraordinaire de notre rédemption.

Lorsque nous comprenons cela, notre manière de parler des miracles change. Nous continuons à croire que Dieu peut intervenir dans nos circonstances, mais notre foi ne dépend plus de l’obtention immédiate de ce que nous demandons. Nous possédons déjà en Christ un trésor infiniment supérieur aux bénédictions passagères de cette vie : le pardon, la justification, la paix avec Dieu et l’espérance de la vie éternelle.

La résurrection fait partie intégrante de la bonne nouvelle

Nous devons également veiller à ne pas parler de la croix sans proclamer la résurrection. Le message apostolique ne s’arrêtait jamais au tombeau. Jésus est véritablement mort, mais il est également véritablement ressuscité. La résurrection constitue la déclaration triomphante que la mort n’a pas pu retenir le Seigneur et que son œuvre rédemptrice est victorieuse.

C’est pourquoi l’espérance chrétienne n’est pas simplement une pensée positive destinée à nous aider dans les moments difficiles. Elle repose sur un événement réel : Jésus-Christ est vivant. Le croyant peut regarder la mort elle-même sans désespoir parce que son Sauveur l’a vaincue. Nous attendons le jour où ceux qui appartiennent à Christ connaîtront pleinement la gloire de la résurrection.

Cette vérité apporte une profondeur particulière à la vie chrétienne. Nous ne suivons pas seulement les enseignements d’un grand personnage du passé. Nous appartenons au Christ vivant. Nous prions un Seigneur vivant, nous obéissons à un Roi vivant et nous attendons le retour d’un Sauveur vivant. Voilà pourquoi l’Évangile est une bonne nouvelle qui conserve toute sa puissance génération après génération.

La chaire doit expliquer la Bible, et non remplacer la Bible

Une autre conséquence importante de cette réflexion concerne la manière dont nous considérons la prédication. Le prédicateur chrétien reçoit une responsabilité particulière : ouvrir les Écritures, en expliquer le sens et montrer comment elles conduisent le peuple de Dieu à connaître davantage le Seigneur. La personnalité du prédicateur ne doit jamais devenir plus importante que le texte qu’il enseigne.

Lorsque les anecdotes personnelles occupent presque tout le sermon, lorsque les opinions remplacent l’exposition de la Bible ou lorsque les expériences extraordinaires deviennent l’autorité principale, quelque chose s’est déplacé. Les témoignages peuvent encourager et les illustrations peuvent faciliter la compréhension, mais la Parole de Dieu demeure l’autorité. L’Église n’est pas édifiée durablement par les capacités oratoires d’un homme, mais par la vérité que Dieu a révélée.

Cela demande aussi une certaine maturité de la part de ceux qui écoutent. Nous devons apprendre à ne pas évaluer une prédication seulement selon l’émotion qu’elle produit. Un message peut nous faire pleurer et pourtant manquer de substance biblique. À l’inverse, une exposition fidèle de l’Écriture peut parfois nous confronter profondément avant de nous consoler. La question décisive devrait toujours être : ce qui vient d’être annoncé correspond-il réellement à ce que Dieu dit dans sa Parole ?

Pourquoi la grâce doit constamment être annoncée

L’Évangile nous empêche également de tomber dans deux erreurs opposées : l’orgueil et le désespoir. Il détruit l’orgueil parce qu’il nous rappelle que nous n’avons pas été sauvés grâce à notre supériorité morale. Aucun croyant ne peut regarder un autre pécheur de haut comme s’il avait gagné la faveur de Dieu par ses propres mérites. Tout ce que nous possédons spirituellement vient de la grâce.

Mais l’Évangile combat aussi le désespoir. Celui qui regarde uniquement ses fautes peut croire qu’il n’existe plus aucune espérance pour lui. La bonne nouvelle nous appelle alors à détourner les yeux de nous-mêmes pour regarder Christ. Le fondement de notre espérance n’est pas la perfection de notre performance, mais la perfection de l’œuvre du Sauveur. Celui qui se repent et croit en Jésus découvre que la grâce de Dieu est plus grande que ses propres ressources.

Cela ne signifie jamais que la grâce encourage à vivre dans le péché. Au contraire, celui qui comprend réellement ce que Christ a accompli désire vivre pour celui qui l’a sauvé. L’obéissance n’est pas le prix que nous payons afin d’acheter le salut ; elle devient progressivement le fruit d’un cœur transformé. L’Évangile produit donc la sainteté qu’une religion uniquement fondée sur la culpabilité ne pourra jamais produire durablement.

L’amour de Dieu se révèle pleinement en Jésus-Christ

Nous parlons souvent de l’amour de Dieu, et nous avons raison de le faire. Cependant, cet amour doit être défini par les Écritures. L’amour divin n’est pas simplement l’idée que Dieu approuverait automatiquement chacune de nos décisions ou qu’il nous éviterait toutes les souffrances. L’expression suprême de cet amour se trouve dans le don de son Fils.

Lorsque le croyant traverse une période sombre, il peut être tenté de mesurer l’amour de Dieu en fonction de ses circonstances. Mais celles-ci changent continuellement. La croix, elle, demeure. C’est là que Dieu a manifesté d’une manière incomparable son amour rédempteur. Cette conviction permet de comprendre pourquoi rien ne peut séparer le croyant de l’amour du Christ. Notre assurance repose sur la fidélité du Sauveur plutôt que sur la stabilité de nos émotions.

L’Église doit retrouver l’urgence apostolique

Lorsque Paul disait : « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile », il exprimait quelque chose qui semble parfois absent de notre christianisme contemporain : l’urgence. Des hommes et des femmes vivent sans connaître le Sauveur. Ils ont peut-être des emplois, des familles, des projets et une apparence de stabilité, mais leur besoin le plus profond demeure spirituel. L’Église possède un message que le monde ne peut produire par lui-même.

Nous ne pouvons donc pas réduire notre mission à organiser des activités, remplir des bâtiments ou construire une présence impressionnante sur les réseaux sociaux. Toutes ces choses peuvent devenir des moyens utiles, mais elles ne constituent jamais la finalité. Notre tâche est de faire connaître Christ. Si nous disposons de toutes les ressources modernes mais que l’Évangile devient secondaire, nous avons perdu l’essentiel.

Cela concerne autant le pasteur derrière la chaire que le croyant dans sa vie quotidienne. Tout chrétien n’est pas appelé au ministère pastoral, mais chaque disciple peut témoigner de l’espérance qui est en lui. Nous pouvons parler de Jésus à notre famille, répondre avec sagesse aux questions d’un ami, soutenir la mission, prier pour ceux qui annoncent la Parole et vivre d’une manière cohérente avec le message que nous confessons.

Le danger d’une Église impressionnante mais sans Évangile

Une assemblée peut posséder un beau bâtiment, une excellente musique, une grande organisation et beaucoup d’activités. Aucune de ces choses n’est mauvaise en elle-même. Pourtant, elles ne peuvent jamais remplacer l’Évangile. L’histoire chrétienne nous rappelle que les institutions peuvent conserver leur forme extérieure longtemps après avoir perdu leur vitalité spirituelle.

Le succès visible n’est donc pas toujours la meilleure mesure de la fidélité. Une foule peut être attirée par de nombreuses raisons. La véritable question est de savoir ce qui lui est annoncé lorsqu’elle arrive. Entend-elle qui est Dieu ? Comprend-elle la réalité du péché ? Entend-elle parler de repentance, de grâce, de foi, de la croix et de la résurrection ? Jésus-Christ est-il présenté comme Seigneur et Sauveur ou simplement comme celui qui aide les hommes à réaliser leurs ambitions ?

Une Église centrée sur l’Évangile ne sera pas parfaite. Elle sera composée de pécheurs en cours de sanctification, avec des faiblesses, des luttes et des besoins. Mais elle saura vers qui regarder. Elle reviendra constamment à Christ. Elle corrigera ses erreurs à la lumière des Écritures et se souviendra que sa force ne vient pas de sa propre grandeur, mais de la grâce de Dieu.

Remettons Jésus-Christ au centre de nos chaires

L’Église n’a pas besoin d’inventer un nouveau message pour chaque génération. Les circonstances changent, les technologies changent, les cultures évoluent et les modes passent, mais le besoin fondamental de l’être humain demeure le même. Nous avons besoin d’être réconciliés avec Dieu, et il n’existe qu’un seul Sauveur capable d’accomplir cette réconciliation : Jésus-Christ.

Nous pouvons donc parler de famille, de souffrance, de générosité, de sainteté, de prière, de travail, de persévérance et de nombreux autres sujets. Mais faisons-le à partir des Écritures et sans perdre le centre. Montrons comment la grâce de Dieu transforme chaque domaine de la vie. Faisons comprendre que les commandements bibliques ne sont pas de simples techniques d’amélioration personnelle, mais la réponse d’un peuple qui appartient désormais à son Rédempteur.

Que les prédicateurs ouvrent de nouveau la Bible avec cette conviction : Christ doit être annoncé. Que les croyants apprennent à aimer une prédication profonde plutôt qu’un simple discours spectaculaire. Que nos chants, nos prières, nos enseignements et nos conversations soient façonnés par cette bonne nouvelle. L’Évangile n’est pas un sujet réservé aux nouveaux convertis ; c’est la vérité dans laquelle toute l’Église doit continuellement vivre.

Il n’y a aucune négociation possible concernant ce trésor. Aucun message ne peut remplacer celui que Dieu nous a confié. Lorsque l’Évangile reprend sa place dans la chaire, l’homme cesse d’être le centre et Jésus-Christ retrouve la première place. Le péché est pris au sérieux, la grâce devient merveilleuse, la croix retrouve sa profondeur et la résurrection nourrit notre espérance.

Alors souvenons-nous des paroles de Paul : « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile ! » Qu’elles ne deviennent pas simplement une citation familière, mais un appel à retrouver la fidélité apostolique. L’Évangile ne doit jamais devenir le trésor perdu de nos chaires. Il est la bonne nouvelle de Jésus-Christ, le message que l’Église a reçu, le message qu’elle doit protéger et le message qu’elle doit annoncer jusqu’au retour de son Seigneur.

Comment marcher en toute confiance
Tu répondras, oh Seigneur

1 comment on “Le trésor perdu de l’Évangile

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *