Le salut vient du Seigneur

Il est essentiel que l’Église comprenne que le salut vient entièrement du Seigneur, car cette vérité transforme notre manière de voir la grâce, la foi et notre propre incapacité. Comme le rappelle aussi cet enseignement sur le salut comme œuvre divine reçue par grâce, notre espérance ne repose pas en nous-mêmes, mais en Jésus-Christ.

Le salut n’a jamais commencé avec l’homme

Lorsque nous parlons du salut, nous devons commencer là où l’Écriture commence : avec Dieu. Le salut n’est pas une idée humaine, une initiative religieuse ou une amélioration morale inventée par l’homme pour se rapprocher de son Créateur. Il est une œuvre de grâce dont Dieu est l’auteur. C’est Lui qui prend l’initiative, Lui qui accomplit la rédemption en Jésus-Christ et Lui qui applique cette œuvre dans la vie de ceux qu’Il sauve.

Cette vérité détruit immédiatement l’orgueil humain. Si le salut dépendait finalement de notre sagesse, de notre volonté naturelle ou de notre capacité à discerner spirituellement mieux que les autres, nous aurions encore une raison de nous glorifier. Mais lorsque l’Écriture décrit notre condition sans Christ, elle ne parle pas de personnes simplement mal informées qui auraient seulement besoin de quelques conseils supplémentaires. Elle parle d’une condition beaucoup plus sérieuse.

L’apôtre Paul affirme que nous étions morts dans nos fautes et dans nos péchés. Cette expression révèle notre incapacité spirituelle. Un mort ne peut pas se donner lui-même la vie. De la même manière, le pécheur ne peut pas produire par ses propres forces la nouvelle naissance dont il a besoin. Dieu doit intervenir.

Notre espérance n’est pas en nous-mêmes

L’une des conséquences les plus importantes de cette doctrine est que notre confiance cesse d’être placée dans l’homme. Nous n’espérons pas être sauvés parce que nous sommes plus intelligents, plus religieux ou plus disposés que les autres. Nous ne pouvons pas regarder notre propre cœur et y trouver la source de notre sécurité éternelle.

Notre cœur naturel est précisément une partie du problème. Nous sommes des créatures déchues, affectées par le péché dans notre intelligence, nos désirs et notre volonté. Cela ne signifie pas que l’être humain cesse d’être responsable de ses choix. Cela signifie que, laissé à lui-même, il ne cherche pas naturellement Dieu comme son bien suprême.

Voilà pourquoi comprendre que le salut appartient au Seigneur apporte tant de repos. Nous cessons d’essayer de construire notre assurance sur notre propre force spirituelle. Nous regardons plutôt vers Celui qui est capable de sauver parfaitement. Notre confiance repose sur la fidélité de Dieu, sur l’œuvre de Christ et sur la puissance du Saint-Esprit.

« Le salut vient de l’Éternel »

Cette grande vérité apparaît avec une clarté remarquable dans le livre de Jonas. Le prophète se trouve dans une situation où toute possibilité humaine de délivrance a disparu. Il est au fond de la mer, dans le ventre du grand poisson, incapable de modifier sa situation par ses propres moyens.

8 Ceux qui s’attachent à de vaines idoles Éloignent d’eux la miséricorde.

9 Pour moi, je t’offrirai des sacrifices avec un cri d’actions de grâces, J’accomplirai les voeux que j’ai faits: Le salut vient de l’Éternel.

Jonas 2:8-9

Jonas ne possède aucun plan d’évasion. Il ne peut pas nager jusqu’au rivage, construire une embarcation ou appeler quelqu’un pour venir le chercher. Sa situation semble humainement impossible. Et c’est précisément au milieu de cette incapacité qu’il prononce cette confession extraordinaire : « Le salut vient de l’Éternel. »

Cette déclaration dépasse la délivrance physique de Jonas. Elle exprime un principe qui traverse toute l’Écriture. Dieu est Celui qui sauve. L’homme reçoit, croit, se repent et obéit, mais le pouvoir salvateur ne prend jamais naissance en lui. La source du salut demeure toujours le Seigneur.

Jonas proclame la délivrance avant même de sortir

Un détail mérite particulièrement notre attention : Jonas déclare que le salut vient de l’Éternel avant que le poisson ne le rejette sur la terre ferme. Sa situation extérieure n’a pas encore changé. Il se trouve toujours dans l’obscurité, toujours enfermé et toujours incapable de contrôler ce qui va se produire.

Sa confession est donc une confession de foi. Jonas reconnaît que si une délivrance doit venir, elle ne pourra venir que de Dieu. Il ne proclame pas la puissance de ses propres ressources. Il proclame la souveraineté de Celui qui règne même sur la mer et sur les créatures qu’elle contient.

Cela nous enseigne quelque chose de précieux concernant la foi chrétienne. Nous n’attendons pas toujours que les circonstances soient résolues pour reconnaître la puissance du Seigneur. Nous pouvons confesser Sa souveraineté au milieu même d’une situation que nous ne comprenons pas. C’est ce que nous retrouvons également lorsque nous méditons sur la souveraineté de Dieu lorsque Ses voies dépassent notre compréhension.

Jonas ne pouvait rien faire pour se délivrer

L’image de Jonas dans le grand poisson illustre d’une manière frappante notre incapacité dans le domaine spirituel. Nous étions nous aussi dans une condition dont nous ne pouvions pas nous libérer. Bien entendu, notre problème n’était pas d’être physiquement enfermés dans une créature marine, mais d’être esclaves du péché et séparés de Dieu.

Nous pouvons améliorer certains comportements extérieurs. Une personne peut devenir plus disciplinée, abandonner certaines mauvaises habitudes ou commencer à fréquenter une Église. Toutes ces choses peuvent être importantes, mais elles ne peuvent produire par elles-mêmes la régénération.

Nous avons besoin de quelque chose que seul Dieu peut accomplir : passer de la mort spirituelle à la vie. Voilà pourquoi Jésus parle de nouvelle naissance et pourquoi Paul utilise le langage de la résurrection spirituelle. Le salut n’est pas simplement la réparation d’un homme légèrement blessé. C’est l’intervention de Dieu envers un pécheur qui ne peut se donner lui-même la vie.

Le salut par grâce exclut toute vantardise

Si Dieu est l’auteur du salut, alors toute gloire Lui appartient. Nous ne pouvons jamais regarder une personne incrédule et penser que nous sommes naturellement supérieurs parce que nous avons compris ce qu’elle n’a pas compris. Si nos yeux ont été ouverts, nous avons reçu une grâce.

La doctrine de la grâce devrait donc produire des croyants profondément humbles. Plus nous comprenons notre incapacité naturelle, moins nous avons de raisons de nous glorifier. Nous étions nous aussi perdus. Nous étions nous aussi dépendants d’une intervention divine.

L’Évangile ne dit pas que Dieu a trouvé quelques personnes spirituellement excellentes et les a récompensées avec le salut. Il proclame que Dieu sauve des pécheurs. La grâce n’est pas un salaire payé à ceux qui ont suffisamment bien travaillé. Elle est une faveur imméritée accordée par Dieu.

Être mort dans ses péchés est une réalité sérieuse

Lorsque Paul écrit que nous étions morts dans nos offenses, nous ne devons pas affaiblir le sens de cette expression. Il ne dit pas seulement que nous étions malades ou légèrement éloignés. La mort décrit l’impuissance d’une personne à produire elle-même la vie spirituelle.

Cela ne signifie pas que l’être humain est aussi mauvais qu’il pourrait l’être dans chaque domaine de son existence. Des personnes sans Christ peuvent aimer leurs enfants, accomplir des actes de générosité, travailler honnêtement et montrer certaines qualités morales. La doctrine de la corruption humaine ne nie pas ces réalités.

Elle affirme cependant que rien de tout cela ne peut réconcilier le pécheur avec Dieu. Un homme peut être moral selon les standards de la société et demeurer encore séparé de son Créateur. Le problème fondamental doit être résolu par Christ.

Dieu donne la vie aux morts spirituels

La beauté de l’Évangile apparaît précisément à cet endroit. L’Écriture ne nous laisse pas simplement avec le diagnostic de notre mort spirituelle. Elle nous montre ensuite l’action souveraine de Dieu. Celui qui était incapable de se donner la vie reçoit la vie de Celui qui est riche en miséricorde.

C’est pourquoi le salut est un miracle plus grand que tout changement extérieur. Nous admirons les guérisons physiques, les délivrances extraordinaires et les interventions providentielles de Dieu, mais la nouvelle naissance est une œuvre encore plus profonde. Un cœur qui aimait les ténèbres commence à aimer la lumière. Une personne qui vivait loin de Dieu commence à désirer Sa présence.

Cette transformation ne peut être attribuée à la simple persuasion humaine. Les prédicateurs annoncent la Parole, les parents enseignent leurs enfants et les croyants témoignent de Christ. Mais seul Dieu peut ouvrir le cœur et donner une vie nouvelle.

La foi et la repentance sont réelles

Affirmer que Dieu est souverain dans le salut ne signifie pas que la foi et la repentance seraient inutiles ou fictives. L’Écriture appelle réellement les hommes à se repentir et à croire en Jésus-Christ. Le pécheur croit réellement. Il se repent réellement. Il vient réellement à Christ.

Mais cette réponse ne devient jamais un motif de vantardise. Nous ne présentons pas notre foi comme une œuvre méritoire qui aurait obligé Dieu à nous sauver. La foi est la main vide qui reçoit Christ. Elle abandonne toute prétention à posséder une justice suffisante.

Voilà pourquoi nous pouvons dire simultanément que l’homme doit croire et que le salut appartient entièrement au Seigneur. L’Évangile ne présente pas ces vérités comme contradictoires. Dieu sauve véritablement, et le pécheur répond véritablement à l’appel de l’Évangile.

Les idoles ne peuvent pas sauver

Jonas mentionne dans sa prière ceux qui s’attachent à de vaines idoles. Cette référence n’est pas accidentelle. Elle établit un contraste entre les faux refuges de l’homme et le Dieu véritable qui sauve.

Une idole promet ce qu’elle ne peut jamais accomplir. Dans l’Antiquité, les hommes fabriquaient des représentations et leur attribuaient une puissance divine. Aujourd’hui, nos idoles peuvent prendre des formes plus sophistiquées. Nous pouvons placer notre sécurité ultime dans l’argent, les relations, notre intelligence, notre réputation ou nos propres capacités.

Mais lorsque nous arrivons devant la réalité du péché et de la mort, toutes ces choses révèlent leurs limites. Aucune fortune ne peut acheter la justification. Aucun succès professionnel ne peut effacer une seule faute devant Dieu. Aucun être humain ne peut devenir notre rédempteur.

La miséricorde de Dieu dépasse ce que nous méritons

L’histoire de Jonas ne révèle pas seulement la puissance de Dieu, mais aussi Sa miséricorde. Jonas lui-même avait désobéi. Il avait fui la mission que Dieu lui avait confiée. Sa situation dans la mer était directement liée à sa rébellion. Pourtant, lorsqu’il crie vers le Seigneur, Dieu entend.

Plus tard, cette même miséricorde est manifestée envers Ninive. Cette ville méritait le jugement, mais Dieu lui envoie d’abord un avertissement et appelle ses habitants à la repentance. Cette histoire constitue un magnifique témoignage de la miséricorde de Dieu envers une ville profondément corrompue.

Ainsi, le livre de Jonas nous empêche de penser que la grâce est réservée à ceux que nous jugeons dignes. Jonas avait besoin de grâce. Ninive avait besoin de grâce. Nous avons besoin de grâce. Si Dieu devait traiter chacun uniquement selon ses mérites, personne ne pourrait subsister.

La croix est la plus grande démonstration du salut de Dieu

La délivrance de Jonas est extraordinaire, mais elle pointe finalement vers une réalité plus grande. Le plus grand acte salvateur de l’histoire ne s’est pas produit dans le ventre d’un poisson, mais sur une croix à Jérusalem. Jésus-Christ est venu accomplir ce qu’aucun homme ne pouvait accomplir.

À la croix, le Fils de Dieu donne Sa vie pour des pécheurs. Il porte la condamnation du péché et accomplit l’œuvre nécessaire à notre réconciliation avec Dieu. Aucun homme n’a contribué à rendre Son sacrifice suffisant. Christ a parfaitement accompli l’œuvre qui Lui avait été confiée.

Voilà pourquoi le chrétien regarde vers Jésus et non vers lui-même pour trouver son assurance. La valeur de notre salut dépend de la perfection du Sauveur. Même le brigand crucifié à côté de Jésus a découvert que le salut ne dépend pas d’une longue vie de mérites religieux, comme le montre cette méditation sur la parole de salut adressée par Christ au brigand repentant.

Christ n’est pas venu aider des hommes capables de se sauver

Nous pouvons parfois parler du salut comme si Jésus était simplement venu compléter ce qui manquait à nos propres efforts. L’homme ferait une partie du chemin et Christ apporterait ce qui reste. Mais ce n’est pas ainsi que l’Écriture décrit notre situation.

Jésus est venu chercher et sauver ce qui était perdu. Il n’est pas venu féliciter des hommes qui avaient presque réussi à atteindre Dieu. Il est venu comme Sauveur parce que nous avions réellement besoin d’être sauvés.

Cela signifie que toute notre vie chrétienne doit conserver une profonde conscience de la grâce. Nous n’avons jamais dépassé notre dépendance envers Christ. Le croyant le plus mûr demeure aussi dépendant de la grâce que le jour où il est venu à Jésus pour la première fois.

Si le salut dépendait finalement de nous, où serait notre assurance ?

Il suffit de regarder honnêtement notre propre cœur pour comprendre combien il serait dangereux de faire reposer notre salut sur notre constance personnelle. Nos émotions changent. Notre force fluctue. Il existe des jours où notre foi semble très ferme et d’autres où nous sommes profondément faibles.

Si notre sécurité éternelle reposait finalement sur la perfection de notre performance, personne ne pourrait avoir de paix durable. Nous passerions notre existence à nous demander si nous avons fait suffisamment, cru avec suffisamment de force ou obéi suffisamment parfaitement.

Mais l’Évangile dirige nos yeux vers Dieu. Celui qui commence l’œuvre est aussi capable de la mener à son accomplissement. Cette assurance ne produit pas la négligence ; elle produit la gratitude et la persévérance. Nous retrouvons cette même espérance dans l’enseignement biblique selon lequel l’œuvre commencée par Dieu dans le croyant est soutenue par Sa grâce.

La souveraineté de Dieu dans le salut produit l’humilité

Une personne qui comprend correctement cette doctrine ne devrait jamais devenir arrogante. Au contraire, la souveraineté de Dieu dans le salut devrait briser notre orgueil. Si nous sommes sauvés par grâce, nous ne possédons aucune base pour mépriser celui qui ne croit pas encore.

Nous pouvons défendre fermement la vérité biblique sans regarder les autres avec supériorité. Notre attitude devrait être celle de personnes qui savent qu’elles ont reçu une miséricorde qu’elles ne pouvaient exiger.

Lorsque nous regardons un incrédule, nous ne devrions pas penser : « Je suis meilleur que lui ». Nous devrions plutôt penser : « Sans la grâce de Dieu, je serais moi aussi perdu ». Cette perspective produit de la compassion, de la patience et un désir sincère d’annoncer Christ.

Cette doctrine produit également l’adoration

Si le salut venait principalement de notre propre décision autonome, une partie de la gloire pourrait finalement revenir à l’homme. Nous pourrions dire que Dieu a fait beaucoup, mais que nous avons accompli l’étape décisive qui nous distinguait des autres.

Jonas ne parle pas ainsi. Il ne dit pas : « Le salut vient de l’Éternel et un peu de moi ». Il affirme simplement : « Le salut vient de l’Éternel ». Cette confession place toute la gloire là où elle appartient.

Voilà pourquoi la théologie du salut doit finalement conduire à l’adoration. Lorsque nous comprenons davantage ce que Dieu a fait, notre réaction ne devrait pas être simplement de gagner un débat doctrinal. Nous devrions être conduits à dire : « Seigneur, pourquoi m’as-Tu fait grâce ? »

Nous annonçons l’Évangile parce que Dieu sauve

Certaines personnes pensent que si le salut dépend de la souveraineté de Dieu, l’évangélisation devient inutile. L’Écriture arrive à la conclusion opposée. Dieu ordonne non seulement la fin, mais aussi les moyens. Il sauve des hommes par la proclamation de l’Évangile.

Paul prêchait précisément parce qu’il savait que l’Évangile est la puissance de Dieu pour le salut. Nous annonçons Christ à tous. Nous appelons les hommes à se repentir et à croire. Nous ne connaissons pas ceux dans lesquels Dieu produira une œuvre de grâce.

Notre responsabilité est donc de proclamer fidèlement le message. Nous ne pouvons pas ouvrir un cœur, mais nous pouvons annoncer la Parole. Nous ne pouvons pas donner la nouvelle naissance, mais nous pouvons présenter Celui qui donne la vie.

Le salut du Seigneur produit une vie d’obéissance

Dire que nous sommes sauvés par grâce ne signifie pas que les bonnes œuvres deviennent inutiles. L’ordre biblique est simplement différent de celui de la religion humaine. Nous ne faisons pas de bonnes œuvres afin de convaincre Dieu de nous sauver. Nous les pratiquons parce qu’Il nous a sauvés.

L’obéissance est donc le fruit de la grâce, non son prix. Un cœur transformé commence progressivement à désirer ce qui plaît à Dieu. Le croyant lutte encore contre le péché, mais une nouvelle orientation est visible.

Lorsque cette transformation n’existe absolument pas, nous avons raison de nous poser des questions sérieuses. La grâce qui justifie produit également une vie de sanctification. Dieu ne sauve pas seulement de la culpabilité du péché ; Il commence également à délivrer de sa domination.

La grâce ne doit jamais devenir une excuse pour le péché

La souveraineté de la grâce peut être mal comprise. Quelqu’un pourrait dire : « Si Dieu fait tout dans le salut, ma manière de vivre n’a aucune importance ». Paul répond directement à ce genre de raisonnement dans ses lettres. La personne unie à Christ ne peut considérer le péché avec indifférence.

La grâce ne nous enseigne pas à mépriser la sainteté. Elle nous donne une nouvelle raison de la rechercher. Lorsque nous comprenons ce que Christ a fait pour nous, l’obéissance devient une réponse de reconnaissance.

Nous ne poursuivons pas la sainteté pour devenir les auteurs de notre propre salut. Nous la poursuivons parce que nous appartenons maintenant au Dieu qui nous a sauvés.

Dans les situations impossibles, souvenons-nous de Jonas

Le principe « le salut vient de l’Éternel » s’applique d’abord au salut éternel, mais l’histoire de Jonas nous rappelle aussi que Dieu possède le pouvoir de délivrer dans des circonstances humainement impossibles.

Jonas ne voyait aucune sortie. Pourtant, Dieu régnait encore sur la situation. Le poisson n’était pas hors de Son contrôle. La mer n’était pas hors de Son autorité. Rien de ce qui entourait le prophète ne pouvait empêcher le Seigneur d’accomplir Sa volonté.

Lorsque nous traversons nous-mêmes des saisons dans lesquelles aucune solution évidente n’apparaît, nous pouvons apprendre à dépendre davantage du Seigneur. Cela ne signifie pas que Dieu nous donnera toujours exactement la délivrance temporelle que nous désirons, mais cela signifie qu’aucune situation n’échappe à Son gouvernement.

Notre salut repose sur une œuvre accomplie

Le chrétien ne vit pas continuellement dans l’attente qu’une œuvre supplémentaire soit ajoutée au sacrifice de Christ pour rendre son salut possible. Jésus a accompli parfaitement la mission que le Père Lui avait confiée.

Cette vérité nous permet de servir sans essayer constamment de gagner l’amour de Dieu. Nous prions parce que nous sommes Ses enfants. Nous obéissons parce que nous avons été reçus en Christ. Nous servons parce que nous avons été servis par le Fils de Dieu.

La vie chrétienne devient alors une réponse à la grâce plutôt qu’une tentative d’acheter la grâce. Cette distinction est fondamentale. Sans elle, la foi peut rapidement devenir un système religieux fondé sur la peur et la performance.

Le salut appartient au Seigneur du commencement à la fin

Lorsque nous considérons l’ensemble du témoignage biblique, nous découvrons un Dieu qui poursuit et accomplit Son dessein de rédemption. Le Père envoie le Fils. Le Fils accomplit l’œuvre de la croix. Le Saint-Esprit donne la vie, convainc, sanctifie et demeure dans les croyants.

Le salut ne peut donc jamais devenir un trophée humain. Il est le témoignage de la grâce souveraine de Dieu. Nous avons réellement cru, mais nous ne pouvons nous glorifier de notre foi comme si elle nous rendait naturellement meilleurs que les autres. Nous avons réellement répondu à l’Évangile, mais derrière notre réponse se trouve l’action miséricordieuse de Dieu.

Cette vérité nous donne aussi confiance lorsque nous prions pour ceux qui ne connaissent pas encore Christ. Nous ne dépendons pas simplement de notre éloquence ou de notre capacité à convaincre. Nous prions un Dieu capable de donner la vie aux morts.

Que toute la gloire revienne à Dieu

La déclaration de Jonas devrait donc devenir une confession permanente de l’Église : « Le salut vient de l’Éternel ». Nous devons l’enseigner, la chanter, la prêcher et surtout la croire. Elle nous empêche de mettre notre confiance dans les hommes et dirige nos yeux vers Celui qui seul peut sauver.

Lorsque nous sommes tentés par l’orgueil, souvenons-nous que nous étions morts dans nos fautes. Lorsque nous sommes tentés par le désespoir, souvenons-nous que notre salut repose sur la puissance de Dieu et non sur notre force. Lorsque nous regardons ceux qui semblent très loin du Seigneur, souvenons-nous que Celui qui nous a donné la vie est également capable d’ouvrir leur cœur.

Nous avons été sauvés par grâce. Christ a accompli ce que nous ne pouvions accomplir, et Dieu nous a donné la vie alors que nous étions incapables de nous ressusciter nous-mêmes. Voilà pourquoi toute vantardise humaine disparaît devant la croix.

Jonas l’a compris au fond de la mer, lorsqu’aucune issue humaine n’existait encore : le salut n’était pas entre ses propres mains. Et cette confession demeure vraie aujourd’hui. Notre espérance éternelle ne repose ni sur nos mérites, ni sur notre force, ni sur notre intelligence, mais sur le Dieu qui fait grâce aux pécheurs par Jésus-Christ. Le salut vient de l’Éternel, et à Lui seul revient toute la gloire.

Béni soit celui qui croit en Dieu
Crucifié avec le Christ

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