Le message de l’Évangile doit retentir sur les lèvres de tous ceux qui se déclarent chrétiens, car aucune annonce n’est plus nécessaire à l’humanité. Il révèle à la fois notre besoin de salut et l’amour indescriptible de Dieu manifesté en Jésus-Christ, venu chercher et sauver les pécheurs.
Le message que l’Église ne doit jamais abandonner
Je crois fermement qu’aucun message ne peut convaincre une âme de péché et lui montrer le chemin du salut avec autant de force que l’Évangile. Nous pouvons parler de nombreux sujets utiles, expliquer certaines doctrines, avertir au sujet de l’enfer, raconter des témoignages ou aborder les difficultés de la vie chrétienne. Pourtant, rien ne doit prendre la place du message central que Dieu a confié à son Église. L’Évangile de Jésus-Christ doit demeurer au centre de notre prédication, parce qu’il révèle la sainteté de Dieu, la condition pécheresse de l’homme et la grâce merveilleuse par laquelle le Seigneur sauve ceux qui croient.
Le danger apparaît lorsque l’Église commence à supposer que tout le monde connaît déjà l’Évangile. Nous pouvons alors être tentés de rechercher constamment quelque chose de nouveau, de spectaculaire ou de plus attrayant. Cependant, le message apostolique n’avait pas besoin d’être remplacé par une nouveauté. Les apôtres annonçaient Christ crucifié et ressuscité. Ils proclamaient la repentance, la foi et le pardon des péchés. Ils savaient que la véritable puissance ne résidait pas dans l’habileté du prédicateur, mais dans le message de Dieu.
Une assemblée peut avoir de la musique, une organisation excellente, des activités nombreuses et une grande présence sur les réseaux sociaux. Toutes ces choses peuvent avoir leur utilité, mais aucune d’elles ne peut remplacer l’Évangile. Si Christ n’est plus au centre, nous pouvons remplir un bâtiment tout en laissant les âmes spirituellement affamées. L’Église n’existe pas seulement pour réunir des personnes; elle est appelée à rendre témoignage à Celui qui est mort et ressuscité afin que des pécheurs soient réconciliés avec Dieu.
Qu’est-ce que l’Évangile ?
La Bible présente l’Évangile comme une bonne nouvelle. Mais pour comprendre pourquoi cette nouvelle est si bonne, il faut d’abord comprendre la gravité du problème auquel l’être humain est confronté. Notre plus grand problème n’est pas simplement la pauvreté, la maladie, la solitude, les difficultés économiques ou les conflits sociaux. Ces réalités sont douloureuses, mais la racine la plus profonde de notre misère est notre séparation d’avec Dieu à cause du péché.
Dieu est saint, juste et parfait. L’homme, quant à lui, a transgressé sa loi et s’est rebellé contre son Créateur. La Bible ne présente donc pas l’être humain comme quelqu’un qui a seulement besoin de quelques conseils pour améliorer sa vie. Elle le présente comme un pécheur qui a besoin d’être réconcilié avec Dieu. C’est précisément dans cette situation désespérée que la grandeur de l’Évangile apparaît. Ce que nous étions incapables d’accomplir pour nous-mêmes, Dieu l’a accompli en Jésus-Christ.
Le Fils éternel de Dieu s’est fait homme et a habité parmi nous. Jésus a vécu dans une obéissance parfaite, sans commettre le péché. Il a accompli parfaitement la volonté du Père, puis il est allé volontairement à la croix. Là, il a subi la mort et porté la condamnation réservée aux pécheurs. La croix ne doit donc jamais être réduite à un symbole religieux ou à l’histoire tragique d’un innocent injustement exécuté. Elle se trouve au cœur du plan rédempteur de Dieu.
Christ a accompli l’œuvre du salut
Sur la croix, Jésus a prononcé ces paroles extraordinaires: « Tout est accompli ». Elles nous rappellent que le salut ne repose pas sur une œuvre laissée inachevée que l’homme devrait compléter par ses propres mérites. Christ a accompli ce que le Père lui avait confié. C’est pourquoi la méditation sur la parole de victoire prononcée par Jésus sur la croix nous conduit directement au cœur de l’espérance chrétienne: notre confiance repose sur une œuvre parfaite et suffisante.
Le christianisme ne commence pas par ce que nous pouvons faire pour Dieu, mais par ce que Dieu a fait pour des pécheurs en Christ. Cette distinction est fondamentale. Beaucoup de personnes imaginent que le salut consiste à devenir suffisamment bonnes pour être acceptées de Dieu. Elles accumulent les bonnes œuvres, les pratiques religieuses ou les efforts personnels dans l’espoir de compenser leurs fautes. Mais si nous pouvions nous sauver par nos œuvres, la croix serait inutile.
L’Évangile nous humilie parce qu’il détruit toute prétention humaine. Il nous oblige à reconnaître que nous ne pouvons pas nous justifier nous-mêmes. Mais en même temps, il nous remplit d’espérance, car il annonce qu’un Sauveur parfaitement suffisant nous est offert. Jésus a porté la culpabilité de son peuple et il est ressuscité des morts. La résurrection proclame que la mort n’a pas remporté la victoire et que l’œuvre du Christ ne s’est pas terminée dans un tombeau.
Notre Sauveur est vivant. Il règne, intercède pour les siens et reviendra. Ainsi, l’Évangile contient non seulement la proclamation de la mort de Christ, mais aussi celle de sa résurrection glorieuse. Nous ne prêchons pas un héros disparu dont nous honorons simplement la mémoire. Nous annonçons un Seigneur vivant qui appelle les hommes à se repentir et à croire.
La foi reçoit ce que la grâce offre
Le salut est reçu par la foi. Cela ne signifie pas qu’une personne est sauvée parce que sa foi serait une œuvre particulièrement méritoire. La foi est la main vide qui reçoit le don de Dieu. Elle cesse de s’appuyer sur les mérites personnels pour placer entièrement sa confiance en Jésus-Christ. C’est pourquoi la Bible accorde une telle importance à la foi et nous aide à comprendre pourquoi une foi véritable est plus précieuse que l’or: elle regarde au Sauveur et s’attache aux promesses de Dieu.
Une simple connaissance intellectuelle des vérités chrétiennes n’est pas suffisante. Une personne peut connaître de nombreux passages bibliques, comprendre le vocabulaire théologique et même être capable d’expliquer la doctrine du salut sans avoir placé personnellement sa confiance en Christ. L’Évangile nous appelle à venir à Jésus, à reconnaître notre culpabilité et à nous reposer sur Lui comme notre seule espérance devant Dieu.
La foi authentique n’est pas non plus une décision momentanée qui laisse toute la vie inchangée. Lorsque Dieu sauve une personne, il commence également une œuvre de transformation en elle. Les bonnes œuvres ne sont pas la racine de notre justification, mais elles deviennent le fruit d’une vie renouvelée. Celui qui a reçu la grâce commence à aimer Celui qui lui a fait grâce et désire marcher selon sa volonté.
La repentance fait partie de l’appel de l’Évangile
Annoncer l’Évangile signifie également appeler les hommes à la repentance. Ce mot n’est pas toujours populaire, car notre époque préfère entendre un discours qui rassure sans confronter le péché. Pourtant, Jésus et les apôtres n’ont jamais séparé la bonne nouvelle de l’appel à se détourner du mal. La grâce de Dieu ne nous apprend pas à considérer le péché comme insignifiant; elle nous montre combien il est grave et combien le prix payé pour notre rédemption a été immense.
La repentance véritable dépasse le simple regret des conséquences de nos mauvaises actions. Elle implique de reconnaître notre péché devant Dieu, de cesser de le défendre et de nous tourner vers le Seigneur. L’Écriture nous montre à plusieurs reprises comment Dieu appelle des hommes et même des sociétés profondément corrompues à revenir à Lui. L’exemple de la miséricorde de Dieu envers une ville corrompue illustre bien cette vérité: l’appel divin à la repentance est aussi une manifestation de sa patience et de sa compassion.
La repentance et la foi ne sont donc pas des ennemies de la grâce. Elles sont la réponse que produit l’œuvre de Dieu dans le cœur de celui qui entend véritablement l’Évangile. Nous abandonnons l’illusion de notre propre justice et nous nous tournons vers Christ. Nous reconnaissons que notre ancien chemin conduit à la destruction et nous cherchons refuge auprès de Celui qui peut réellement sauver.
Jésus nous ordonne de proclamer la bonne nouvelle
Jésus lui-même a donné des instructions claires concernant la proclamation de ce message. Après sa résurrection, il a envoyé ses disciples vers le monde. L’Évangile n’était pas destiné à rester enfermé entre les murs d’une maison ou réservé à un petit groupe ayant reçu une connaissance privilégiée. La bonne nouvelle devait être annoncée aux hommes et aux femmes de toutes les nations.
15 Puis il leur dit: Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création.
16 Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné.
Marc 16:15-16
Ces paroles devraient nous conduire à examiner sérieusement nos priorités. Jésus a été explicite: ses disciples doivent annoncer la bonne nouvelle. La question est donc inévitable: le faisons-nous réellement ? Sommes-nous devenus si préoccupés par d’autres aspects de la vie chrétienne que nous avons progressivement cessé de parler du salut aux personnes qui nous entourent ?
Il est possible de défendre des valeurs chrétiennes, de discuter de sujets théologiques et de dénoncer de nombreux problèmes de notre génération tout en négligeant l’Évangile. Toutes les vérités bibliques ont leur importance, mais l’Église ne doit jamais perdre de vue sa mission. Nous ne sommes pas seulement appelés à expliquer ce qui ne va pas dans le monde; nous devons annoncer la seule véritable espérance du pécheur: Jésus-Christ.
Nous ne devons pas remplacer l’Évangile par un message plus agréable
Chaque génération connaît la tentation d’adapter le message chrétien aux goûts de son époque. Certains voudraient un christianisme qui parle exclusivement de réussite personnelle, de bien-être, de prospérité et de réalisation des rêves. D’autres préfèrent un message purement moral ou social. Ces sujets peuvent parfois toucher à des questions légitimes, mais ils deviennent dangereux lorsqu’ils occupent la place appartenant à Christ et à son œuvre rédemptrice.
L’Évangile ne promet pas que celui qui vient à Jésus deviendra nécessairement riche, populaire ou libéré de toutes ses souffrances. Les premiers disciples ont suivi Christ au prix de grandes difficultés. Plusieurs ont subi la persécution et ont perdu beaucoup de choses à cause de leur fidélité. Cependant, ils possédaient un trésor infiniment supérieur: ils avaient été réconciliés avec Dieu et avaient reçu l’espérance de la vie éternelle.
Réduire l’Évangile à une méthode permettant d’améliorer temporairement notre existence revient donc à diminuer sa gloire. Jésus n’est pas mort simplement pour rendre nos journées plus confortables. Il est venu sauver des pécheurs. Le pardon de nos fautes, la justification devant Dieu, l’adoption, la présence du Saint-Esprit et la promesse de la résurrection sont des richesses qu’aucune prospérité terrestre ne peut égaler.
L’Évangile est la puissance de Dieu pour le salut
L’apôtre Paul pouvait déclarer qu’il n’avait pas honte de l’Évangile parce qu’il est la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit. Cette conviction devrait également habiter l’Église aujourd’hui. Nous n’avons pas besoin de rendre l’Évangile plus puissant qu’il ne l’est. Notre responsabilité consiste à l’annoncer fidèlement, clairement et courageusement, en dépendant de Dieu pour produire le résultat.
Il est important de comprendre cette vérité, car elle nous libère d’une pression inutile. Nous ne pouvons pas ouvrir le cœur d’une personne par notre seule éloquence. Nous ne pouvons pas provoquer la nouvelle naissance par des techniques psychologiques, de la musique émouvante ou une présentation soigneusement calculée. Nous pouvons expliquer, raisonner, supplier et témoigner avec amour, mais c’est Dieu qui donne la vie spirituelle.
Cela ne signifie pas que nous devons parler négligemment ou sans préparation. Au contraire, un message aussi important mérite d’être présenté avec clarté et fidélité. Mais notre confiance finale ne doit jamais reposer sur notre talent. Le prédicateur le plus simple qui annonce fidèlement Christ possède un message plus précieux que l’or, tandis que l’orateur le plus impressionnant n’apporte aucun salut s’il éloigne ses auditeurs de la croix.
Prêcher l’Évangile dans la vie quotidienne
La proclamation de l’Évangile n’appartient pas exclusivement aux pasteurs, aux missionnaires ou aux évangélistes. Tous les croyants peuvent rendre témoignage de l’espérance qui est en eux. Nous rencontrons chaque jour des personnes qui connaissent peut-être beaucoup de choses sur la religion mais qui n’ont jamais compris clairement pourquoi Jésus est mort ou ce que signifie être réconcilié avec Dieu.
Nos maisons constituent un premier terrain missionnaire. Les parents ont l’occasion d’enseigner à leurs enfants que le christianisme est bien plus qu’une série de règles. Nous devons leur parler du caractère de Dieu, de la réalité du péché, de la croix, de la résurrection, de la repentance et de la foi. Les enfants ont besoin de connaître non seulement ce qu’ils doivent faire, mais surtout qui est Jésus et ce qu’Il a accompli.
Nos conversations quotidiennes offrent également des occasions. Il ne s’agit pas de transformer artificiellement chaque échange en sermon, mais de vivre avec une conscience véritable de l’Évangile. Lorsque quelqu’un parle de culpabilité, de peur, de mort, d’espérance ou du sens de la vie, une porte peut s’ouvrir pour présenter naturellement la vérité chrétienne.
Les réseaux sociaux peuvent eux aussi servir cet objectif. Ils sont souvent remplis de disputes, de distractions et de messages superficiels. Pourquoi les chrétiens ne les utiliseraient-ils pas également pour parler de Christ ? Une publication ne remplacera jamais la communion fraternelle ni la prédication dans l’Église, mais elle peut placer une vérité biblique devant une personne qui ne l’aurait peut-être jamais entendue autrement.
Proclamer avec fidélité, mais aussi avec amour
La fidélité à l’Évangile ne nous autorise pas à traiter les autres avec mépris. Nous annonçons la grâce parce que nous avons nous-mêmes besoin de grâce. Le chrétien ne regarde pas le non-croyant depuis une position de supériorité morale. Il sait qu’il n’a rien dont il puisse se glorifier devant Dieu. S’il a été sauvé, cela est dû à la miséricorde divine.
Cette vérité devrait produire en nous de l’humilité et de la compassion. Nous devons annoncer clairement le jugement et la gravité du péché, mais nous devons aussi présenter sincèrement la beauté du Sauveur. Le même Jésus qui appelle à la repentance accueille les pécheurs qui viennent à Lui. La vérité et l’amour ne doivent pas être séparés. Un amour qui cache la vérité n’est pas véritablement aimant, et une proclamation de la vérité dépourvue de compassion ne reflète pas correctement le cœur du message que nous annonçons.
Que l’Évangile demeure sur nos lèvres
Encourageons-nous donc mutuellement afin que ce message ne devienne jamais silencieux dans nos vies. Si nous avons cessé de parler de Christ, nous pouvons recommencer aujourd’hui. Si nos conversations chrétiennes sont devenues principalement centrées sur des controverses, des personnalités ou des questions secondaires, revenons au cœur de notre foi. Jésus-Christ est mort pour les péchés, il est ressuscité et il appelle les hommes à venir à Lui.
Dans un monde rempli de confusion, d’angoisse, de fausses promesses et d’incertitude, aucun trésor n’est comparable à la réconciliation avec Dieu. Nos possessions disparaîtront, notre santé peut décliner et les circonstances de cette vie peuvent changer soudainement. Mais celui qui appartient à Christ possède une espérance qui dépasse la mort.
C’est pourquoi nous ne devons jamais avoir honte de l’Évangile. Prêchons-le dans nos assemblées, enseignons-le à nos familles, partageons-le avec nos amis et laissons-le façonner notre manière de vivre. Que notre comportement ne contredise pas ce que nos lèvres annoncent. Une vie transformée ne remplace jamais la proclamation verbale de l’Évangile, mais elle peut en confirmer la réalité aux yeux de ceux qui nous observent.
L’Évangile est la lumière qui brille au milieu des ténèbres, la bonne nouvelle adressée aux coupables et l’annonce de la victoire de Jésus-Christ. Ce n’est pas un simple concept religieux transmis de génération en génération. C’est le message du salut que Dieu a confié à son peuple. Gardons-le donc au centre de nos églises et de nos vies. Tant qu’il y aura des hommes et des femmes qui ne connaissent pas Christ, il restera nécessaire de proclamer cette merveilleuse nouvelle avec fidélité, urgence, humilité et espérance.
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