Comment être un fils de Dieu

Le plus grand privilège que le monde ait jamais connu est que Dieu est venu jusqu’à nous en Jésus-Christ. Aucun roi, penseur ou personnage historique ne peut être comparé à Celui qui est venu sauver des pécheurs et leur donner la vie éternelle. C’est dans cet amour que nous découvrons l’amour indescriptible de Dieu, manifesté de manière suprême dans la personne et l’œuvre de Son Fils.

Le privilège extraordinaire de devenir enfants de Dieu

La mort du Christ sur la croix nous a ouvert l’accès à un trésor qu’aucune richesse terrestre ne pourrait acheter : devenir enfants de Dieu. Les hommes passent une grande partie de leur vie à rechercher des titres, une position sociale, une reconnaissance professionnelle ou une sécurité financière. Pourtant, toutes ces choses disparaissent avec le temps. L’identité que Dieu accorde à ceux qui sont en Jésus-Christ est d’une tout autre nature, car elle possède une valeur éternelle.

Il n’existe ni cours, ni diplôme, ni cérémonie, ni œuvre humaine capable de produire cette nouvelle identité. Personne ne devient enfant de Dieu parce qu’il est né dans une famille chrétienne, parce qu’il fréquente une église depuis son enfance ou parce qu’il possède une connaissance approfondie des Écritures. Ce privilège vient de Dieu et repose entièrement sur l’œuvre accomplie par Jésus-Christ. Le salut n’est donc pas une récompense accordée aux personnes qui réussissent à devenir suffisamment bonnes ; il est un don de grâce accordé à ceux que Dieu conduit à croire en Son Fils.

L’Évangile selon Jean présente cette vérité avec une remarquable clarté :

12 Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu,
13 lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu.
Jean 1:12-13

Ces paroles nous rappellent immédiatement que la nouvelle naissance n’est pas produite par l’origine familiale ou par la volonté humaine. Jean dit que ceux qui deviennent enfants de Dieu sont nés « de Dieu ». Il s’agit d’une œuvre divine. L’être humain, naturellement éloigné de Dieu par le péché, reçoit une vie nouvelle que lui-même ne pouvait produire. C’est pourquoi le christianisme biblique ne consiste pas simplement à améliorer quelques habitudes : il annonce une transformation profonde opérée par Dieu.

Jésus-Christ n’est pas simplement un personnage historique

Quand Jésus est venu dans le monde, beaucoup l’ont rejeté. Jean l’exprime quelques versets auparavant en disant : « Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont point reçu. » Les foules ont vu Ses miracles, entendu Ses enseignements et constaté l’autorité extraordinaire avec laquelle Il parlait. Malgré cela, nombreux furent ceux qui refusèrent de reconnaître qui Il était réellement.

Ce rejet n’appartient pas uniquement au premier siècle. Aujourd’hui encore, Jésus est souvent présenté comme un grand maître moral, un prophète remarquable, un défenseur des pauvres ou une figure religieuse particulièrement influente. Ces descriptions peuvent reconnaître certains aspects de Son ministère, mais elles restent radicalement insuffisantes. Jésus-Christ est le Fils éternel de Dieu venu dans la chair. Celui qui était auprès du Père avant la création du monde est entré dans l’histoire humaine afin d’accomplir notre rédemption.

C’est précisément ce qui rend Sa venue incomparable. Les grands hommes de l’histoire apparaissent, accomplissent certaines choses, puis disparaissent. Jésus, Lui, existait avant Sa naissance à Bethléem. Sa naissance n’était pas le commencement de Son existence, mais Son entrée dans notre condition humaine. Il a pris une véritable nature humaine sans cesser d’être Celui qu’Il était éternellement. Le Créateur est venu parmi Ses créatures, non pour recevoir les honneurs que le monde accorde habituellement aux puissants, mais pour servir et donner Sa vie.

Pourquoi avions-nous besoin d’un Sauveur ?

Pour comprendre la grandeur du privilège d’être enfants de Dieu, nous devons comprendre notre situation avant le salut. La Bible ne présente pas l’homme naturel comme une personne spirituellement neutre qui aurait simplement besoin de quelques conseils. Le problème est beaucoup plus profond : le péché nous sépare de Dieu. Nous avons transgressé Sa loi, cherché notre propre volonté et vécu sans lui rendre la gloire qui Lui appartient.

C’est pourquoi aucune réforme morale ne peut suffire. Une personne peut abandonner certaines mauvaises habitudes, commencer à accomplir de bonnes œuvres et devenir plus respectable aux yeux de la société, tout en demeurant séparée de Dieu. Nos bonnes actions ne peuvent effacer les péchés déjà commis. Si notre salut dépendait de notre capacité à satisfaire parfaitement la justice divine, personne ne pourrait être sauvé.

C’est ici que l’Évangile devient une nouvelle véritablement glorieuse. Dieu n’a pas attendu que l’homme trouve un moyen de se sauver lui-même. Il a envoyé Son Fils. Jésus a vécu dans une obéissance parfaite là où nous avons désobéi. Il n’a commis aucun péché et n’avait donc aucune dette personnelle à payer devant Dieu. Pourtant, Il s’est volontairement livré pour des pécheurs. Notre espérance ne repose pas sur ce que nous pouvons accomplir pour Dieu, mais sur ce que Christ a accompli pour nous.

Le prix immense payé à la croix

Pouvez-vous imaginer ce que notre adoption a coûté au Sauveur ? Celui qui possédait la gloire auprès du Père a accepté l’humiliation. Celui devant qui les anges se prosternent a été méprisé par des hommes. Il a connu les accusations mensongères, les insultes, les coups, les crachats et finalement la crucifixion. Pourtant, les souffrances physiques, aussi terribles fussent-elles, ne constituent pas à elles seules toute la profondeur de la croix.

À la croix, Jésus accomplissait l’œuvre pour laquelle Il était venu. Il portait la condamnation due au péché et satisfaisait pleinement la justice divine. Ce moment qui semblait être une défaite aux yeux du monde était en réalité le centre du plan rédempteur de Dieu. La croix nous montre à la fois la gravité du péché et l’immensité de la grâce. Le péché est tellement sérieux que le salut a nécessité le sacrifice du Fils de Dieu ; la grâce est tellement grande que Dieu a effectivement donné Son Fils pour sauver des pécheurs.

C’est pourquoi nous ne devons jamais traiter légèrement l’œuvre du Calvaire. Lorsque nous contemplons la victoire accomplie par Christ sur la croix, nous comprenons que notre salut ne repose pas sur une œuvre inachevée. Jésus n’a pas simplement rendu le salut possible en laissant à l’homme le soin d’en accomplir la partie décisive. Il a réalisé l’œuvre que le Père Lui avait confiée et a payé le prix nécessaire à notre rédemption.

Recevoir Christ et croire en Son nom

Jean déclare que le privilège de devenir enfants de Dieu appartient à ceux qui reçoivent Christ et qui croient en Son nom. Cette foi ne consiste pas simplement à reconnaître intellectuellement que Jésus a existé. Beaucoup de personnes peuvent accepter l’existence historique de Jésus sans Lui appartenir. La foi biblique implique de placer sa confiance en Lui comme le seul Sauveur capable de nous réconcilier avec Dieu.

Croire en Jésus signifie reconnaître notre incapacité à nous sauver nous-mêmes. Cela signifie abandonner toute confiance dans nos propres mérites et regarder à Christ. Nous croyons qu’Il est véritablement le Fils de Dieu, qu’Il a vécu sans péché, qu’Il est mort pour les pécheurs, qu’Il est ressuscité et qu’Il possède l’autorité de donner la vie éternelle. Cette confiance n’est pas dirigée vers une idée abstraite, mais vers une personne vivante : Jésus-Christ ressuscité.

L’appel de l’Évangile demeure donc simple et puissant : crois en Jésus et tu vivras. Il n’existe aucun autre Sauveur à rechercher et aucun autre fondement suffisamment solide sur lequel construire notre espérance éternelle. Christ est suffisant pour tous ceux qui viennent à Lui avec repentance et foi.

Une nouvelle naissance qui vient de Dieu

Jean insiste sur le fait que les enfants de Dieu sont nés « non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu ». Cette affirmation détruit toute idée selon laquelle le salut pourrait être transmis naturellement d’une génération à l’autre. Des parents croyants peuvent enseigner les Écritures à leurs enfants, prier pour eux et leur donner un exemple fidèle, mais ils ne peuvent pas produire la nouvelle naissance dans leur cœur. Seul Dieu donne la vie spirituelle.

Cette vérité nous garde également de l’orgueil. Si notre nouvelle naissance vient de Dieu, nous n’avons aucune raison de regarder avec mépris ceux qui ne croient pas. Nous n’avons pas découvert l’Évangile parce que nous étions naturellement plus intelligents ou plus spirituels que les autres. Tout dans le salut nous conduit à rendre gloire au Seigneur. Celui qui donne la vie nouvelle est également Celui qui ouvre les yeux pour contempler la beauté de Christ.

La nouvelle naissance produit alors une nouvelle direction. Le croyant reste imparfait et doit continuer à lutter contre le péché, mais quelque chose de fondamental a changé. Il possède de nouveaux désirs, une nouvelle relation avec Dieu et une nouvelle manière de considérer le péché. Ce qu’il pouvait autrefois pratiquer sans inquiétude commence maintenant à troubler sa conscience. Ce qui lui paraissait autrefois sans importance — la prière, les Écritures, la communion avec Dieu — devient précieux.

Être enfant de Dieu change notre identité

Nous vivons dans une époque où beaucoup cherchent leur identité dans leur profession, leurs possessions, leur apparence, leur popularité ou l’opinion d’autres personnes. Ces choses sont extrêmement fragiles. Une profession peut disparaître, la santé peut décliner, l’argent peut se perdre et l’approbation des autres peut changer rapidement. L’enfant de Dieu possède cependant une identité fondée sur quelque chose de beaucoup plus solide : sa relation avec le Père par Jésus-Christ.

Cela ne signifie pas que nous devons devenir orgueilleux et considérer les autres comme inférieurs. Au contraire, savoir que notre place dans la famille de Dieu est un don de grâce devrait produire une profonde humilité. Nous n’avons rien acheté, rien gagné et rien mérité. Nous avons reçu ce privilège parce que Dieu a été miséricordieux envers nous.

Cette identité apporte également une consolation extraordinaire dans les moments difficiles. Le croyant peut perdre beaucoup de choses sans perdre le fait qu’il appartient à Dieu. Lorsque les circonstances changent, lorsque les projets échouent ou lorsque les personnes nous déçoivent, notre relation avec le Père demeure. Nous pouvons venir à Lui dans la prière, sachant que nous ne nous approchons pas d’un étranger, mais de Celui qui nous a accueillis dans Sa famille.

Les enfants de Dieu sont appelés à vivre différemment

Le privilège d’être enfant de Dieu comporte aussi une responsabilité. Si Dieu nous a sauvés et nous a donné une nouvelle identité, notre vie doit progressivement refléter cette réalité. Nous n’obéissons pas afin de devenir Ses enfants ; nous cherchons à Lui obéir parce qu’Il nous a fait Ses enfants. Cette distinction est essentielle. L’obéissance chrétienne est le fruit du salut, non son prix.

Cela touche notre manière de parler, de travailler, de traiter notre famille, de gérer notre argent et de réagir lorsque nous sommes offensés. Notre foi ne doit pas être confinée à quelques heures passées dans une église. Celui qui appartient au Christ est appelé à Le représenter dans chaque domaine de sa vie. Nos paroles doivent témoigner de la grâce que nous avons reçue et notre conduite doit montrer que notre véritable trésor ne se trouve pas dans les choses passagères de ce monde.

Cette marche comporte des combats. Les enfants de Dieu connaissent encore les tentations, les épreuves et les moments de faiblesse. La foi elle-même peut être éprouvée. Pourtant, ces épreuves ne rendent pas inutile notre confiance en Christ ; elles la purifient et nous apprennent à dépendre davantage de Lui. C’est pourquoi l’Écriture présente une foi plus précieuse que l’or, une foi dont la valeur devient particulièrement visible lorsqu’elle demeure attachée au Seigneur au milieu des difficultés.

Notre espérance ne s’arrête pas à cette vie

Être enfant de Dieu signifie enfin posséder une espérance qui dépasse les limites de l’existence présente. Le christianisme ne promet pas que nous éviterons toutes les souffrances terrestres. Les croyants connaissent la maladie, la perte, les déceptions et finalement la mort physique comme le reste de l’humanité. Mais la mort n’a plus le dernier mot sur ceux qui sont en Christ.

Jésus est ressuscité. Cette vérité est indispensable à notre espérance. Celui qui est mort pour nos péchés n’est pas resté dans le tombeau. Sa résurrection annonce Sa victoire et garantit l’avenir de ceux qui Lui appartiennent. Parce qu’Il vit, les enfants de Dieu possèdent l’assurance que leur destinée finale n’est pas la tombe, mais la présence éternelle du Seigneur.

Ainsi, la promesse de Jean 1:12-13 possède des conséquences qui s’étendent jusqu’à l’éternité. Dieu ne nous donne pas simplement un nouveau titre religieux. Il nous reçoit dans Sa famille, nous donne une vie nouvelle, nous sanctifie et nous conduit vers l’héritage qu’Il a préparé pour les Siens. Le salut commence par la grâce, continue par la grâce et s’achèvera par la grâce.

Vivons avec gratitude pour ce privilège

Maintenons donc fermement notre foi en Jésus-Christ. Souvenons-nous chaque jour que ce que nous avons reçu gratuitement a coûté un prix immense à notre Sauveur. Le Roi de gloire s’est humilié, Celui qui était sans péché a souffert pour des pécheurs, et Celui qui possédait toutes choses s’est livré afin que nous recevions une richesse que le monde ne pourrait jamais offrir.

Cette réalité devrait produire en nous de la reconnaissance plutôt qu’une religion froide. Lorsque nous prions, lorsque nous lisons les Écritures, lorsque nous nous réunissons avec l’Église ou lorsque nous servons notre prochain, nous ne cherchons pas à convaincre Dieu de nous accepter. En Christ, nous avons été accueillis. Nous répondons à Sa grâce avec reconnaissance, cherchant à honorer le Père qui nous a fait entrer dans Sa maison.

Ne traitons donc jamais comme une chose ordinaire le fait de pouvoir être appelés enfants de Dieu. Les honneurs de ce monde disparaîtront, les possessions changeront de mains et même les plus grandes réalisations humaines seront un jour oubliées. Mais ceux qui appartiennent au Christ possèdent un héritage éternel. Marchons avec humilité, fidélité, sainteté et espérance, gardant les yeux fixés sur Jésus et nous souvenant que notre plus grand privilège n’est pas ce que nous possédons ici-bas, mais d’appartenir pour toujours au Dieu vivant.

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