Il est facile de croire à ce que nos yeux peuvent contempler. Cependant, la véritable foi consiste à faire confiance au Christ sans l’avoir vu physiquement. Comme nous l’explique également cet article sur le fait d’avoir confiance en Dieu de tout notre cœur, notre assurance repose sur la fidélité du Seigneur et non sur des preuves visibles.
Nous croyons que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, qu’il est mort pour nos péchés, qu’il est ressuscité et qu’il règne dans toute sa gloire. Pourtant, aucun de nous ne l’a vu marcher dans les rues de Jérusalem, enseigner les foules ou accomplir ses miracles. Notre foi repose sur le témoignage fidèle des Écritures, sur l’œuvre du Saint-Esprit et sur la certitude que la Parole de Dieu est véritable.
Cette foi ne doit pas dépendre de ce que nous voyons, car Jésus lui-même a déclaré bienheureux ceux qui croient sans avoir vu. Cette parole du Seigneur ne présente pas une foi irrationnelle ou vide, mais une confiance fondée sur une révélation certaine: Dieu a parlé, les apôtres ont témoigné et les Écritures nous annoncent fidèlement la résurrection du Christ.
Thomas face au Christ ressuscité
La Bible nous rapporte une situation bien connue, mais profondément instructive. Après sa résurrection, Jésus apparut à ses disciples. Cependant, Thomas n’était pas avec eux lors de cette première apparition. Lorsque les autres lui annoncèrent qu’ils avaient vu le Seigneur, il refusa de croire leur témoignage sans obtenir une preuve personnelle et tangible.
27 Puis il dit à Thomas: Avance ici ton doigt, et regarde mes mains; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté; et ne sois pas incrédule, mais crois.
28 Thomas lui répondit: Mon Seigneur et mon Dieu!
29 Jésus lui dit: Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru!
Jean 20:27-29
Thomas avait pourtant marché avec Jésus. Il avait entendu ses enseignements, observé ses œuvres et vu sa puissance. Il savait également que le Seigneur avait annoncé sa mort et sa résurrection. Malgré cela, la nouvelle apportée par les autres disciples lui paraissait impossible à accepter.
Au verset 25, Thomas déclare:
Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point.
Jean 20:25
Thomas ne demandait donc pas seulement à voir Jésus de loin. Il voulait constater personnellement les blessures de la crucifixion. Il exigeait une démonstration qui répondrait exactement à ses conditions. Son attitude révèle la difficulté du cœur humain à recevoir une vérité qui dépasse les limites de la raison et de l’expérience ordinaire.
Cependant, Jésus ne rejeta pas Thomas. Huit jours plus tard, il apparut de nouveau aux disciples et s’adressa directement à lui. Le Seigneur connaissait ses paroles, ses exigences et ses doutes. Il l’invita à regarder ses mains et à toucher son côté. Puis il lui donna un commandement essentiel: «Ne sois pas incrédule, mais crois.»
La patience de Jésus envers celui qui doute
La manière dont Jésus traite Thomas nous révèle sa patience. Le Seigneur aurait pu le reprendre sévèrement ou lui refuser toute nouvelle preuve. Pourtant, il s’approcha de lui avec grâce. Il ne valida pas son incrédulité, mais il lui donna ce qui était nécessaire pour qu’il reconnaisse la vérité.
Cela nous enseigne que le doute n’est pas toujours la preuve qu’une personne a définitivement rejeté Dieu. Certains doutent parce qu’ils souffrent, parce qu’ils ne comprennent pas une épreuve ou parce que leurs attentes n’ont pas été satisfaites. D’autres traversent une période de confusion et ont besoin d’être ramenés avec patience vers la Parole.
Néanmoins, la compassion de Jésus envers Thomas ne signifie pas que l’incrédulité soit acceptable. Le Seigneur lui ordonne clairement de croire. Le doute doit être conduit vers la vérité; il ne doit pas devenir une habitation permanente dans laquelle nous choisissons de vivre.
Lorsque Thomas vit le Christ ressuscité, il prononça l’une des confessions les plus puissantes de l’Évangile: «Mon Seigneur et mon Dieu!» Il ne considéra plus Jésus seulement comme un maître, un prophète ou un homme extraordinaire. Il reconnut sa seigneurie et sa divinité.
Cette confession est aussi celle de chaque croyant véritable. Jésus n’est pas simplement une figure historique que nous admirons. Il est notre Seigneur, celui à qui nous appartenons, et notre Dieu, celui que nous adorons. La foi chrétienne ne consiste donc pas seulement à accepter l’existence de Jésus, mais à nous soumettre à son autorité.
Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru
Après la confession de Thomas, Jésus déclara: «Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru!» Cette parole s’adresse particulièrement aux générations de croyants qui viendraient après les apôtres.
Nous n’avons pas vu le tombeau vide le matin de la résurrection. Nous n’avons pas entendu la voix physique de Jésus dans la chambre où les disciples étaient réunis. Nous n’avons pas touché les marques des clous. Pourtant, nous croyons le témoignage que Dieu a conservé dans sa Parole.
Jésus appelle ces croyants «heureux» ou «bienheureux». Cela signifie qu’ils jouissent d’une faveur spirituelle particulière. Leur foi ne repose pas sur une vision physique, mais sur la fiabilité de Dieu. Ils reconnaissent que la parole du Seigneur est plus certaine que leurs propres perceptions.
Croire sans voir ne signifie donc pas croire sans raison. Le christianisme repose sur des événements historiques annoncés par des témoins. L’apôtre Jean explique qu’il rapporte ce qu’il a vu afin que ses lecteurs croient que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant ils aient la vie en son nom.
Notre foi s’appuie sur ce témoignage apostolique. Elle est également confirmée par l’ensemble des Écritures, par l’accomplissement des promesses de Dieu et par l’œuvre intérieure du Saint-Esprit. Nous ne croyons pas à une invention humaine, mais au message que Dieu a lui-même révélé.
La foi ne dépend pas de signes continuels
Beaucoup de personnes disent qu’elles croiraient en Dieu si elles voyaient un miracle extraordinaire. Elles imaginent qu’une manifestation visible éliminerait automatiquement toute incrédulité. Pourtant, la Bible montre que de nombreuses personnes ont vu les œuvres de Dieu sans se repentir.
Les foules ont vu Jésus guérir les malades, nourrir des milliers de personnes et délivrer ceux qui étaient tourmentés. Malgré ces miracles, plusieurs l’ont abandonné, contesté ou rejeté. Certains chefs religieux ont même attribué ses œuvres à une puissance mauvaise, bien qu’ils ne puissent nier les signes accomplis.
Le problème fondamental n’est donc pas toujours l’absence de preuves. Il se trouve souvent dans le cœur humain, qui ne veut pas se soumettre à Dieu. Une personne peut demander des preuves supplémentaires alors que sa véritable difficulté est qu’elle refuse les conséquences de la vérité.
La foi authentique ne recherche pas continuellement des sensations, des visions ou des expériences spectaculaires. Elle apprend à se reposer sur Dieu. Celui qui croit peut demander au Seigneur de l’aider dans sa faiblesse, mais il ne doit pas faire de chaque nouvelle circonstance une condition pour continuer à croire.
Dire: «Je croirai seulement si Dieu accomplit ce que je demande» n’est pas une foi soumise. C’est tenter d’imposer nos conditions au Créateur. La véritable foi dit plutôt: «Même si je ne comprends pas encore, je sais que Dieu demeure fidèle.»
Croire lorsque Dieu semble silencieux
Il existe des périodes durant lesquelles la présence de Dieu semble moins perceptible. Nous prions, mais la réponse tarde. Nous demandons une direction, mais le chemin reste obscur. Nous cherchons une solution, mais les circonstances paraissent s’aggraver.
Ces moments ne prouvent pas que Dieu nous a abandonnés. Ils peuvent devenir des occasions d’approfondir notre confiance. L’article Dans l’épreuve la plus difficile, Dieu te regarde nous rappelle justement que le Seigneur demeure attentif à ses enfants même lorsque la souffrance obscurcit leur perception.
La foi ne nie pas la douleur. Elle ne nous oblige pas à prétendre que tout va bien lorsque notre cœur est brisé. Les croyants peuvent pleurer, être troublés et reconnaître leurs faiblesses. Cependant, au milieu de ces réalités, ils continuent à regarder vers Dieu.
David demandait parfois au Seigneur pourquoi il semblait éloigné. Job exprimait sa confusion devant ses souffrances. Les prophètes se lamentaient devant la désobéissance du peuple. Pourtant, ces hommes continuaient à parler à Dieu, car leur douleur n’avait pas détruit leur confiance fondamentale.
La foi persévérante n’est pas l’absence de questions, mais la décision de rester attaché à Dieu lorsque toutes les réponses ne sont pas encore visibles. Elle reconnaît que la sagesse du Seigneur dépasse notre compréhension et que son silence apparent n’est jamais une preuve de son indifférence.
La Parole de Dieu nourrit une foi solide
Pour croire sans voir, nous devons nourrir notre âme avec la Parole de Dieu. Une foi détachée des Écritures devient rapidement fragile, émotionnelle et confuse. Elle varie selon les nouvelles, les sentiments ou les circonstances.
En revanche, lorsque nous méditons régulièrement les promesses du Seigneur, notre pensée est renouvelée. Nous nous souvenons de son caractère, de sa puissance et de sa fidélité. Nous découvrons comment il a soutenu son peuple dans les générations précédentes.
La Bible ne nous promet pas une vie sans difficultés. Elle nous montre plutôt un Dieu qui demeure avec les siens au milieu des difficultés. Abraham a attendu l’accomplissement de la promesse. Joseph a traversé l’injustice et la prison. Moïse a marché dans le désert. David a fui devant ses ennemis. Paul a connu les persécutions et les emprisonnements.
Tous ces exemples nous enseignent que la foi regarde au-delà du moment présent. Elle ne juge pas la fidélité de Dieu uniquement à partir de ce qui se passe aujourd’hui. Elle considère l’ensemble de sa révélation et attend l’accomplissement de ses desseins.
Plus nous connaissons Dieu, plus nous pouvons lui faire confiance. C’est pourquoi la lecture biblique ne doit pas être une simple habitude religieuse. Elle doit être une rencontre quotidienne avec la vérité qui corrige nos pensées, fortifie notre cœur et oriente nos décisions.
La prière exprime notre confiance
La foi qui croit sans voir se manifeste aussi dans la prière. Lorsque nous prions, nous parlons à un Dieu que nos yeux physiques ne peuvent contempler, mais dont nous connaissons la présence. Nous croyons qu’il nous entend, qu’il comprend nos besoins et qu’il agit selon sa volonté parfaite.
La prière n’est pas une formule destinée à contrôler Dieu. Elle est l’expression humble de notre dépendance. Nous présentons nos demandes, mais nous reconnaissons que le Seigneur sait mieux que nous ce qui est nécessaire.
Dans les moments de peur ou de confusion, nous pouvons nous inspirer de la méditation Écoute ma prière, Seigneur, car le croyant sait que Dieu entend le cri sincère de ceux qui s’approchent de lui.
Parfois, Dieu répond rapidement. À d’autres moments, il nous fait attendre. Il peut également répondre d’une manière différente de celle que nous avions imaginée. Cependant, aucune prière faite selon sa volonté n’est inutile. Dieu utilise même l’attente pour former notre caractère et nous apprendre la persévérance.
Lorsque nous continuons à prier sans voir immédiatement le résultat, nous exerçons notre foi. Nous déclarons par notre persévérance que Dieu mérite d’être recherché, même lorsque nos yeux ne discernent pas encore son action.
La foi produit une vie d’obéissance
Croire sans voir n’est pas une idée abstraite. La véritable foi transforme notre manière de vivre. Celui qui croit réellement en Jésus désire obéir à ses commandements, abandonner le péché et marcher dans la sainteté.
Il est possible d’affirmer que Dieu existe tout en vivant comme s’il n’existait pas. Une simple reconnaissance intellectuelle ne suffit pas. Jacques explique que même les démons croient en l’existence de Dieu et tremblent. La foi salvatrice nous unit au Christ et produit des fruits visibles.
Nous obéissons même lorsque personne ne nous regarde, parce que nous savons que Dieu voit toutes choses. Nous refusons le mensonge, l’injustice et l’immoralité, non seulement par crainte des conséquences humaines, mais parce que nous désirons honorer notre Seigneur.
Cette obéissance n’achète pas le salut. Nous sommes sauvés par grâce, au moyen de la foi. Cependant, la grâce qui sauve produit nécessairement une vie renouvelée. Celui qui reconnaît Jésus comme son Seigneur ne peut pas volontairement vivre sans se soucier de sa volonté.
Faire confiance à Dieu chaque jour
La foi doit être exercée dans les grandes épreuves, mais également dans les décisions ordinaires. Nous avons besoin de faire confiance à Dieu dans notre famille, notre travail, nos projets, nos finances et nos relations.
Nous ne savons pas toujours ce que demain apportera. Des portes peuvent se fermer, des plans peuvent changer et des difficultés inattendues peuvent apparaître. Pourtant, Dieu connaît déjà chaque détail de notre avenir.
L’article J’ai confiance en Dieu, je ne craindrai pas nous encourage à placer notre sécurité dans le Seigneur plutôt que dans des circonstances instables. La peur grandit lorsque nous regardons uniquement à nos propres forces, mais la confiance grandit lorsque nous contemplons la puissance de Dieu.
Faire confiance au Seigneur ne signifie pas agir sans sagesse. Nous devons planifier, travailler, chercher des conseils et accomplir nos responsabilités. Cependant, nous le faisons en reconnaissant que le résultat final appartient à Dieu.
Cette conviction nous délivre du besoin de tout contrôler. Nous pouvons accomplir fidèlement ce qui dépend de nous, puis remettre entre les mains du Seigneur ce que nous ne pouvons pas changer.
Une foi centrée sur la résurrection du Christ
L’histoire de Thomas nous ramène finalement au centre de l’Évangile: Jésus-Christ est véritablement ressuscité. La foi chrétienne ne repose pas seulement sur des conseils moraux ou sur une philosophie de vie. Elle repose sur un Sauveur vivant.
Si Christ n’était pas ressuscité, notre foi serait vaine. Mais parce qu’il est sorti du tombeau, nous avons l’assurance que son sacrifice a été accepté, que le péché a été vaincu et que la mort ne possède pas le dernier mot.
Le Christ ressuscité est le même Seigneur qui soutient aujourd’hui son Église. Nous ne le voyons pas avec nos yeux physiques, mais il règne à la droite du Père, intercède pour les siens et accomplira toutes ses promesses.
Un jour, la foi deviendra vision. Ceux qui appartiennent au Christ le verront face à face. Nous n’aurons plus à marcher au milieu des ombres, des questions et des souffrances de ce monde. Nous contemplerons sa gloire et nous serons éternellement avec lui.
Ne sois pas incrédule, mais crois
Les paroles adressées à Thomas sont également pertinentes pour nous: «Ne sois pas incrédule, mais crois.» Jésus nous appelle à abandonner une attitude qui exige constamment de nouvelles preuves et à recevoir avec confiance le témoignage de sa Parole.
Peut-être traversons-nous actuellement une situation que nous ne comprenons pas. Peut-être avons-nous prié longtemps sans voir de changement. Peut-être que la peur, la fatigue ou la déception essaient d’affaiblir notre assurance.
Dans ces moments, souvenons-nous que Dieu ne change pas. Sa fidélité n’est pas déterminée par nos émotions. Ses promesses ne deviennent pas moins certaines lorsque le chemin est obscur. Son pouvoir ne diminue pas lorsque nos forces disparaissent.
Nous sommes bienheureux lorsque nous croyons sans avoir vu, non parce que notre foi serait parfaite, mais parce que l’objet de notre foi est parfait. Jésus-Christ est digne de confiance. Il a vaincu la mort, il garde son peuple et il reviendra dans la gloire.
Que notre cœur puisse donc confesser avec Thomas: «Mon Seigneur et mon Dieu!» Et que notre vie démontre cette confession par une confiance persévérante, une obéissance sincère et une espérance qui ne dépend pas de ce que nos yeux voient aujourd’hui.
Même lorsque nous ne voyons pas encore la réponse, continuons à croire. Même lorsque la route semble longue, continuons à marcher. Même lorsque les circonstances semblent contraires, rappelons-nous que le Christ est vivant. Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru.