Ne payez personne mal pour du mal

La Bible nous appelle à aimer notre prochain d’une manière qui reflète le caractère de Jésus-Christ. Comme le rappelle cette méditation sur le fait de ne pas prétendre aimer Dieu tout en détestant son frère, l’amour chrétien n’est ni secondaire ni facultatif : il constitue une preuve visible de l’œuvre de Dieu dans notre cœur.

Nous vivons dans une société profondément marquée par l’individualisme, la dureté, la méfiance et la recherche constante de l’intérêt personnel. Beaucoup considèrent les autres principalement selon ce qu’ils peuvent leur apporter. Les relations deviennent parfois des échanges intéressés, la compassion diminue et la souffrance du prochain est facilement ignorée tant qu’elle ne nous concerne pas directement.

Le chrétien ne peut cependant pas adopter sans discernement cette manière de vivre. Nous avons été appelés à suivre Jésus-Christ, et non les réactions naturelles d’un monde éloigné de Dieu. Là où la société répond par la haine, nous sommes appelés à manifester la grâce. Là où les hommes nourrissent la vengeance, nous devons rechercher la paix. Là où l’égoïsme pousse chacun à défendre uniquement ses intérêts, nous sommes invités à considérer aussi les besoins des autres.

L’amour du prochain est l’une des expressions les plus concrètes de la transformation produite par l’Évangile. Il ne suffit pas de connaître des doctrines, de participer aux réunions de l’Église ou de prononcer de belles paroles. La foi véritable influence notre manière de répondre aux offenses, de traiter les personnes difficiles et de servir ceux qui ne peuvent rien nous donner en retour.

Ne rendez à personne le mal pour le mal

Dans Romains 12, l’apôtre Paul décrit la conduite qui doit caractériser ceux qui ont reçu la miséricorde de Dieu. Après avoir présenté les grandes vérités de l’Évangile dans les premiers chapitres de son épître, il montre comment cette grâce doit transformer la vie quotidienne du croyant.

17 Ne rendez à personne le mal pour le mal. Recherchez ce qui est bien devant tous les hommes.

18 S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes.

19 Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère; car il est écrit: A moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur.

Romains 12:17-19

La première instruction est claire : « Ne rendez à personne le mal pour le mal. » Paul ne limite pas cette obligation aux membres de l’Église, aux personnes aimables ou à ceux qui reconnaissent leurs fautes. Il dit de ne rendre le mal à personne.

Cette exigence s’oppose directement à la réaction naturelle de notre chair. Lorsque quelqu’un nous offense, nous ressentons facilement le désir de lui faire éprouver la même douleur. Nous voulons qu’il comprenne ce qu’il nous a fait, et nous pensons parfois que la meilleure manière d’y parvenir consiste à lui rendre son offense.

Le monde considère souvent cette réaction comme normale. Des expressions populaires enseignent qu’il ne faut jamais se laisser faire, qu’il faut rendre à chacun selon ce qu’il nous donne et qu’une offense doit recevoir une réponse plus forte encore. Mais l’Évangile nous conduit sur un autre chemin.

Le chrétien n’est pas appelé à reproduire le mal qu’il condamne. Si nous répondons à la méchanceté par une méchanceté semblable, nous permettons à l’offense de l’autre de déterminer notre conduite. Nous devenons alors semblables à celui dont nous critiquons l’attitude.

Rechercher activement ce qui est bien

Paul ne se contente pas de nous demander d’éviter la vengeance. Il ajoute : « Recherchez ce qui est bien devant tous les hommes. » La vie chrétienne ne consiste pas uniquement à s’abstenir de mauvaises actions. Elle implique une recherche active du bien.

Cela signifie que, même lorsque nous sommes blessés, nous devons nous demander quelle réponse peut honorer Dieu. Une parole calme peut-elle éviter une dispute ? Une conversation honnête peut-elle ouvrir un chemin vers la réconciliation ? Une prière peut-elle remplacer une réponse prononcée sous l’effet de la colère ?

Rechercher le bien ne signifie pas approuver le péché ou prétendre qu’une injustice n’a pas eu lieu. L’amour biblique n’est pas aveugle. Il sait nommer le mal avec vérité, mais il refuse d’utiliser le mal comme moyen de réponse.

Il existe des situations où nous devons établir des limites, signaler un abus ou demander l’intervention des autorités compétentes. Refuser la vengeance personnelle ne signifie pas empêcher toute justice légitime. Dieu a établi des autorités afin de protéger les innocents et de punir certaines formes de mal.

Toutefois, même lorsque nous recherchons justice, notre cœur doit être gardé contre la haine. Nous ne devons pas transformer la recherche d’une solution juste en désir de destruction personnelle. La justice cherche à arrêter le mal ; la vengeance cherche souvent à faire souffrir celui qui nous a fait souffrir.

La différence entre la justice et la vengeance

Il est important de distinguer la justice biblique de la vengeance personnelle. La justice examine les faits, protège les victimes et cherche une réponse proportionnée au mal commis. La vengeance agit souvent sous l’impulsion de la colère et veut infliger une douleur équivalente ou supérieure.

Une personne blessée peut avoir besoin de dénoncer une situation grave. Le pardon ne l’oblige pas à demeurer silencieuse devant la violence, la manipulation ou l’abus. Elle peut rechercher une protection, demander conseil et prendre les mesures nécessaires pour empêcher que le mal continue.

Mais elle doit remettre entre les mains de Dieu le jugement ultime de la personne qui l’a offensée. Elle ne connaît pas parfaitement le cœur, les motivations et toutes les circonstances. Dieu seul possède une connaissance complète et une justice sans erreur.

Lorsque Paul écrit : « À Moi la vengeance, à Moi la rétribution, dit le Seigneur », il ne déclare pas que le mal restera impuni. Il affirme plutôt que le jugement appartient à Celui qui peut l’exercer parfaitement.

Renoncer à la vengeance ne signifie donc pas renoncer à croire en la justice. Cela signifie faire confiance au Juge suprême au lieu de prendre Sa place.

Autant que cela dépend de vous, soyez en paix

Paul poursuit avec une instruction remplie de réalisme : « S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes. » Il reconnaît ainsi que la paix n’est pas toujours entièrement sous notre contrôle.

Une relation implique au moins deux personnes. Nous pouvons demander pardon, parler avec douceur et proposer une réconciliation, mais l’autre peut refuser. Nous pouvons faire tout ce qui est juste sans réussir à restaurer immédiatement la relation.

La Bible ne demande donc pas au croyant de porter la culpabilité de toutes les divisions. Elle lui demande d’examiner ce qui dépend de lui. A-t-il prononcé des paroles inutiles ? A-t-il refusé de reconnaître sa part de responsabilité ? A-t-il nourri une attitude orgueilleuse ? A-t-il réellement tenté de rechercher la paix ?

Une fois que nous avons accompli sincèrement ce qui dépend de nous, nous devons remettre la situation à Dieu. Nous ne pouvons pas forcer une personne à pardonner, à reconnaître ses torts ou à désirer la réconciliation.

Cette limite peut nous protéger d’un poids excessif. Certaines personnes s’épuisent à poursuivre une paix que l’autre refuse continuellement. Le commandement biblique n’est pas : « Produisez la paix à n’importe quel prix », mais : « Autant que cela dépend de vous, recherchez-la sincèrement. »

La paix ne signifie pas éviter toute vérité

Certaines personnes confondent la paix avec l’absence de conversations difficiles. Elles préfèrent cacher les problèmes, éviter toute correction et prétendre que tout va bien. Mais une paix construite sur le silence et l’hypocrisie reste fragile.

La paix biblique est liée à la vérité. Elle peut exiger une conversation honnête, une confession, un changement de comportement ou l’établissement de limites claires. Jésus Lui-même confrontait le péché tout en demeurant le Prince de la paix.

Le ton et la motivation de notre confrontation sont cependant essentiels. Corrigeons-nous pour aider la personne ou pour l’humilier ? Parlons-nous afin de restaurer la relation ou simplement pour gagner une dispute ? Désirons-nous la vérité ou seulement avoir raison ?

Une parole vraie prononcée avec arrogance peut produire des blessures inutiles. À l’inverse, une parole pleine de douceur mais dépourvue de vérité ne permet pas toujours une restauration authentique.

L’amour chrétien unit la vérité à la grâce. Il ne dissimule pas le mal, mais il cherche à traiter le pécheur comme une personne qui a besoin de repentance, de miséricorde et de transformation.

Aimer ceux qui se comportent comme nos ennemis

Jésus va plus loin que la simple absence de vengeance. Il nous demande d’aimer nos ennemis, de bénir ceux qui nous maudissent, de faire du bien à ceux qui nous haïssent et de prier pour ceux qui nous persécutent.

Cet enseignement ne ressemble à aucune réaction naturelle. Nous aimons facilement les personnes qui nous aiment, nous respectent et reconnaissent notre valeur. Mais l’amour chrétien apparaît avec une force particulière lorsqu’il est accordé à ceux qui ne le méritent pas.

Aimer un ennemi ne signifie pas ressentir immédiatement une affection chaleureuse envers lui. Dans la Bible, l’amour se manifeste souvent par des décisions et des actions. Nous pouvons refuser de l’insulter, prier pour sa repentance, répondre à un besoin réel ou éviter de salir sa réputation.

Cette conduite est développée dans l’appel à faire du bien même à ceux qui se comportent comme nos ennemis. Le bien ne garantit pas que l’autre changera immédiatement, mais il empêche la haine de gouverner notre propre cœur.

Il peut arriver que notre bonté soit mal interprétée ou exploitée. Nous avons alors besoin de sagesse. Aimer ne signifie pas permettre indéfiniment à une personne de nous manipuler. Mais même lorsque nous prenons nos distances, nous pouvons refuser de nourrir le désir de sa destruction.

Bénir ceux qui nous persécutent

Bénir ceux qui nous font du mal est une autre expression de la vie selon l’Esprit. Paul écrit un peu plus tôt dans le même chapitre : « Bénissez ceux qui vous persécutent, bénissez et ne maudissez pas. »

Maudire ne consiste pas seulement à prononcer une formule explicite. Nous pouvons maudire une personne par nos paroles destructrices, en souhaitant continuellement son mal ou en racontant ses fautes avec l’intention de détruire son image.

Bénir signifie demander à Dieu d’agir dans sa vie. Cela peut inclure une prière pour qu’elle se repente, qu’elle soit libérée de sa méchanceté et qu’elle découvre la grâce de Jésus-Christ.

Nous ne prions pas nécessairement pour que tous ses projets réussissent, surtout s’ils sont mauvais. Nous demandons plutôt que Dieu accomplisse ce qui est véritablement bon, juste et salutaire pour elle.

Cette prière transforme aussi celui qui la prononce. Il est difficile d’entretenir volontairement une haine profonde contre une personne tout en demandant sincèrement à Dieu de la sauver et de la conduire à la repentance.

Jésus-Christ est notre modèle parfait

Le commandement d’aimer nos ennemis ne repose pas seulement sur des paroles. Jésus l’a incarné parfaitement. Sur la croix, alors que des hommes Le méprisaient, Le frappaient et Le crucifiaient, Il pria : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. »

Christ ne niait pas leur culpabilité. Ils commettaient un acte terrible et devraient répondre devant Dieu. Pourtant, Son cœur ne fut pas dominé par une vengeance personnelle.

La croix nous montre aussi que nous étions nous-mêmes des ennemis de Dieu par nos mauvaises œuvres. Jésus n’est pas mort pour des personnes naturellement aimables et innocentes. Il a donné Sa vie pour des pécheurs rebelles.

Lorsque nous refusons de pardonner, nous oublions facilement la grandeur du pardon que nous avons reçu. La dette de notre prochain peut être réelle et douloureuse, mais elle ne peut pas être comparée à notre dette envers le Dieu parfaitement saint.

Nous n’aimons donc pas nos ennemis parce qu’ils méritent toujours notre bonté, mais parce que Christ nous a aimés lorsque nous ne méritions pas la Sienne.

Le pardon n’est pas l’oubli automatique

Le pardon est souvent mal compris. Certaines personnes pensent que pardonner signifie oublier immédiatement l’offense, restaurer automatiquement la même proximité ou agir comme si rien ne s’était produit.

La mémoire humaine ne fonctionne pas ainsi. Une blessure profonde peut rester présente pendant longtemps. Pardonner signifie principalement renoncer au droit de nourrir la vengeance personnelle et remettre la dette morale entre les mains de Dieu.

La réconciliation complète peut exiger la repentance de celui qui a offensé, une confession sincère et des preuves de changement. Le pardon et la restauration de la confiance sont liés, mais ils ne sont pas toujours identiques.

Une personne peut pardonner tout en maintenant certaines limites raisonnables. Elle peut refuser la haine sans retourner immédiatement dans une situation dangereuse. Elle peut prier pour l’offenseur sans lui redonner aussitôt toutes les responsabilités qu’il a mal utilisées.

L’enseignement consacré à la nécessité de pardonner avec un cœur humble rappelle que le pardon libère notre âme de l’amertume. Il ne transforme pas nécessairement l’autre en une personne digne de confiance du jour au lendemain, mais il nous empêche de rester prisonniers de son offense.

L’amertume emprisonne celui qui la nourrit

Lorsque nous conservons une offense pendant longtemps, elle peut commencer à contrôler nos pensées. Nous repassons continuellement la scène dans notre esprit, imaginons les paroles que nous aurions dû prononcer et espérons parfois voir l’autre souffrir.

L’amertume donne l’impression de protéger notre dignité, mais elle devient progressivement une prison. La personne qui nous a blessés continue d’influencer notre humeur, nos relations et notre paix, parfois même lorsqu’elle n’est plus présente dans notre vie.

Elle peut aussi contaminer d’autres relations. Une trahison passée nous pousse à soupçonner des personnes innocentes. Une parole douloureuse nous rend agressifs envers ceux qui ne nous ont rien fait. Ainsi, une seule offense non traitée produit de nouvelles blessures.

Le pardon ne supprime pas instantanément toutes les émotions. Il peut être nécessaire de remettre plusieurs fois la situation à Dieu lorsque la douleur revient. Mais chaque fois, nous renouvelons notre décision de ne pas nourrir la vengeance.

Pardonner est parfois un acte répété de foi avant de devenir une expérience profonde de liberté émotionnelle.

Répondre avec douceur ne signifie pas être faible

La douceur est souvent considérée comme une faiblesse dans notre société. Beaucoup pensent qu’une personne forte doit parler plus fort, imposer sa volonté et ne jamais reculer.

La douceur biblique est pourtant une force maîtrisée. Jésus était doux et humble de cœur, mais Il n’était jamais faible. Il confronta les hypocrites, chassa les vendeurs du temple et resta ferme devant les autorités.

Répondre calmement à une provocation demande parfois beaucoup plus de force que de crier. Garder le silence lorsqu’une parole ne ferait qu’envenimer la situation exige une grande maîtrise de soi.

La douceur nous permet de ne pas laisser les émotions prendre le contrôle. Elle crée un espace dans lequel nous pouvons réfléchir, prier et choisir une réponse conforme à la sagesse de Dieu.

Cela ne signifie pas que nous ne parlerons jamais avec fermeté. Certaines situations exigent une parole claire. Mais la fermeté chrétienne ne doit pas être contaminée par le mépris, l’humiliation ou le plaisir de blesser.

Aimer son prochain dans les actes ordinaires

L’amour du prochain ne se manifeste pas uniquement dans les grandes crises ou face à des ennemis déclarés. Il apparaît aussi dans les gestes ordinaires de la vie quotidienne.

Écouter une personne avec attention, aider un voisin, encourager un frère découragé, visiter un malade ou offrir du temps à quelqu’un qui se sent seul sont des expressions concrètes de l’amour chrétien.

Nous pouvons parfois attendre une occasion spectaculaire de servir Dieu tout en ignorant les besoins placés directement devant nous. Pourtant, Jésus parle d’un verre d’eau donné en Son nom et d’une visite faite à une personne vulnérable.

L’amour demande aussi de porter les fardeaux des autres. Cela ne signifie pas résoudre tous leurs problèmes, mais refuser l’indifférence. Une prière sincère, un message ou une présence silencieuse peuvent apporter beaucoup de consolation.

Le véritable amour se mesure moins à l’intensité de nos paroles qu’à la fidélité de nos actions.

L’amour commence au sein de l’Église

Jésus déclara que le monde reconnaîtrait Ses disciples à l’amour qu’ils auraient les uns pour les autres. L’Église devrait donc être une communauté où la grâce, le pardon et le service mutuel deviennent visibles.

Cela ne signifie pas que les conflits disparaîtront complètement. Les croyants demeurent imparfaits et peuvent se blesser mutuellement. Mais ils doivent apprendre à traiter leurs différends selon l’Évangile plutôt qu’à reproduire les méthodes du monde.

Les divisions, les médisances et les luttes pour obtenir une position détruisent le témoignage de l’Église. Une assemblée peut posséder une doctrine correcte et de nombreuses activités, mais perdre une grande partie de sa crédibilité si ses membres se traitent avec dureté.

L’amour fraternel exige de supporter certaines faiblesses, de reprendre avec douceur et de pardonner sincèrement. Il implique aussi de ne pas répandre inutilement les fautes d’un frère.

Bien sûr, les péchés graves doivent être traités avec sérieux. Mais même la discipline chrétienne a pour objectif la repentance et la restauration, non l’humiliation publique ou la satisfaction d’un désir de supériorité.

Persévérer dans le bien malgré l’ingratitude

Faire le bien devient particulièrement difficile lorsque les personnes que nous aidons ne manifestent aucune reconnaissance. Nous pouvons alors nous demander s’il vaut encore la peine de servir.

Le croyant doit se souvenir que sa motivation principale vient du Seigneur. Nous apprécions naturellement la gratitude, mais notre fidélité ne doit pas dépendre entièrement des réactions humaines.

Jésus guérit dix lépreux, mais un seul revint Le remercier. L’ingratitude des neuf autres ne diminua pas la bonté de l’acte accompli par le Seigneur.

De la même manière, nous sommes appelés à ne pas nous lasser de faire le bien, même lorsque le fruit tarde à apparaître. Dieu voit les services accomplis dans le secret, les sacrifices ignorés et les gestes que personne ne récompense.

Cela ne signifie pas que nous devons ignorer nos limites. Nous avons parfois besoin de repos, de sagesse ou d’une meilleure organisation. Mais nous ne devons pas permettre à l’ingratitude de transformer notre cœur en un cœur froid et indifférent.

Prier avant de répondre

L’une des pratiques les plus utiles face à une offense consiste à ne pas répondre immédiatement. Sous l’effet de la colère, nous pouvons prononcer en quelques secondes des paroles qui produiront des conséquences pendant plusieurs années.

Prendre un moment pour prier nous aide à remettre nos émotions sous le regard de Dieu. Nous pouvons Lui dire honnêtement que nous sommes blessés, en colère ou déçus. Il connaît déjà notre cœur et ne nous demande pas de prétendre que rien ne s’est passé.

La prière nous permet ensuite de demander de la sagesse. Devons-nous parler maintenant ou attendre ? Devons-nous confronter la personne, établir une limite ou simplement abandonner une offense mineure ?

Toutes les fautes ne nécessitent pas la même réponse. L’amour peut parfois couvrir une parole maladroite sans créer un conflit. Dans d’autres situations, le silence permettrait au mal de continuer, et une confrontation devient nécessaire.

La prière nous empêche de répondre uniquement selon l’intensité de notre émotion du moment.

Laisser Dieu défendre notre cause

Il existe des situations où nous ne pouvons pas réparer notre réputation ni convaincre les autres de notre innocence. Des accusations peuvent circuler, des paroles peuvent être déformées et certaines personnes peuvent choisir de croire le pire.

Dans ces moments, nous devons faire ce qui est raisonnablement possible pour présenter la vérité, puis apprendre à remettre notre réputation entre les mains de Dieu. Nous ne pouvons pas contrôler toutes les conversations ni corriger toutes les opinions.

Jésus fut faussement accusé, mais Il ne répondit pas à chaque accusation. Il savait que le Père connaissait parfaitement la vérité et qu’Il manifesterait finalement Sa justice.

Cette confiance ne signifie pas que nous restons toujours silencieux. Paul utilisa parfois ses droits et défendit la légitimité de son ministère. Mais il ne permit pas aux opinions humaines de devenir le centre de son existence.

Lorsque notre conscience est droite devant Dieu, nous pouvons trouver une paix que l’approbation des hommes ne peut pas donner. Le Seigneur connaît les faits, les intentions et les paroles prononcées dans le secret.

L’amour révèle la nouvelle naissance

L’apôtre Jean établit un lien profond entre l’amour de Dieu et l’amour du frère. Il affirme que celui qui prétend aimer Dieu tout en détestant son frère vit dans le mensonge.

Cela ne signifie pas que le chrétien aime toujours parfaitement. Il peut lutter contre la colère, être blessé et avoir besoin de temps pour traiter une offense. Mais il ne peut pas faire de la haine sa demeure permanente sans être repris par le Saint-Esprit.

La nouvelle naissance produit une nouvelle direction. Le croyant commence à désirer la paix, la miséricorde et le bien du prochain. Lorsqu’il tombe dans l’amertume, il ne peut plus y vivre confortablement comme auparavant.

Cette transformation ne vient pas uniquement d’une meilleure éducation ou d’un effort de volonté. Elle est le fruit de l’amour de Dieu répandu dans le cœur par le Saint-Esprit.

Nous aimons parce que Dieu nous a aimés le premier. Son amour devient la source, le modèle et la puissance de notre amour envers les autres.

Une lumière dans un monde dominé par la haine

Le monde sait répondre à l’amour par l’amour. Ce qui attire particulièrement l’attention, c’est une personne capable de répondre à l’hostilité sans reproduire la même hostilité.

Lorsque le chrétien refuse la vengeance, cherche la paix et prie pour ceux qui l’offensent, il manifeste une puissance qui ne vient pas de la nature humaine. Sa conduite devient un témoignage de la grâce de Dieu.

Cela ne garantit pas que tous comprendront ou se convertiront. Certains peuvent même interpréter la douceur comme une faiblesse. Mais notre responsabilité principale n’est pas de contrôler leur réaction. Elle est d’obéir au Seigneur.

Dans une société divisée, l’Église possède l’occasion de montrer une autre manière de vivre. Des personnes de cultures, de conditions et de personnalités différentes peuvent apprendre à s’aimer parce qu’elles ont été réunies en Jésus-Christ.

Cette unité n’efface pas toutes les différences, mais elle les place sous une réalité supérieure : nous avons le même Sauveur, le même Père et la même espérance.

Demandons à Dieu un cœur semblable à celui de Christ

Aimer le prochain, pardonner les offenses et refuser la vengeance dépassent souvent nos forces naturelles. Nous devons donc demander au Seigneur de transformer continuellement notre cœur.

Nous pouvons prier pour qu’Il nous révèle les amertumes cachées, les désirs de vengeance et les paroles que nous conservons contre certaines personnes. Ce travail peut être douloureux, mais il ouvre la voie à une plus grande liberté.

Demandons-Lui aussi de nous donner la sagesse nécessaire pour aimer sans encourager le mal, pardonner sans nier la vérité et rechercher la paix sans accepter l’injustice comme si elle était normale.

Nous avons besoin d’un cœur ferme et doux à la fois : ferme devant le péché, mais doux envers les personnes ; attaché à la justice, mais libéré de la vengeance ; capable d’établir des limites, mais refusant de nourrir la haine.

Ce caractère ne se développe pas en un seul jour. Dieu nous forme progressivement à travers les relations, les offenses, les corrections et les occasions quotidiennes de choisir l’amour plutôt que l’égoïsme.

Vivons l’amour que nous proclamons

Le christianisme ne se résume pas à parler de l’amour. Il nous appelle à le vivre dans des situations concrètes, parfois inconfortables et coûteuses.

Aimons lorsque nous ne recevons rien en retour. Pardonnons lorsque notre orgueil voudrait conserver la dette. Recherchons la paix lorsque la chair désire poursuivre la dispute. Prions pour ceux qui nous ont blessés et remettons la justice entre les mains de Dieu.

Cela ne signifie pas que nous serons toujours capables de restaurer toutes les relations. Certaines portes resteront peut-être fermées, et certaines personnes refuseront toute réconciliation. Mais nous pouvons veiller à ce que notre propre cœur ne devienne pas un lieu dominé par la haine.

Souvenons-nous de Jésus-Christ. Il nous a aimés lorsque nous étions pécheurs, a porté notre condamnation et nous a réconciliés avec Dieu. Le pardon que nous accordons aux autres ne sera jamais plus grand que celui que nous avons reçu de Lui.

Que notre amour ne soit pas seulement en paroles, mais en actions et en vérité. Que nos familles, nos voisins, nos frères dans la foi et même nos adversaires puissent voir dans notre conduite quelque chose du caractère de Jésus.

Ne rendons donc à personne le mal pour le mal. Recherchons ce qui est bien, accomplissons ce qui dépend de nous pour vivre en paix et abandonnons toute vengeance personnelle. Dieu demeure le Juge juste, et aucune offense n’échappe à Son regard.

Que chacun de nous puisse prier avec sincérité : « Seigneur, délivre-moi de l’amertume, apprends-moi à pardonner et donne-moi un cœur semblable au Tien. Aide-moi à aimer lorsque cela est difficile, à bénir lorsque je suis offensé et à manifester Ta grâce dans toutes mes relations. »

Ainsi, notre vie deviendra un témoignage vivant de l’Évangile. Dans un monde où la haine répond à la haine, nous montrerons qu’une autre voie existe : la voie de l’amour, de la vérité, du pardon et de la paix en Jésus-Christ.

Berger éternel
Pour Dieu, tout est possible

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